Bonjour, tu vas bien ? Excuse mes manières, j’espère que ça ne te dérange pas que je te tutoie ; mais si je te vouvoyais, tu n’aurais pas l’impression que c’est à toi que je m’adresse.

Ça peut te sembler étrange, ce genre de conversation, car quand on y pense, je te parle mais tu n’as pas la possibilité de me répondre, là, tout de suite, comme dans un dialogue (non, vraiment, n’essaie pas, c’est gênant…). C’est pourquoi je vais te demander de simplement lire, pour le moment (lis-moi lentement, et sois sûr de t’imbiber de chacun de mes mots).

Tu penses quoi de l’hypnose ?

Ne me réponds pas, mais réponds-toi à toi-même. « Qu’est-ce que le mot hypnose évoque chez moi ? »

Je te laisse réfléchir.

 


 

Sommeil ? Manipulation ? Perte de contrôle ? Influence ? Si c’est ce que tu penses, demande-toi : qu’est-ce qui t’a amené à croire ça, d’où vient cette croyance ? Sur quoi est-elle fondée ?

 

Car, en définitive, j’imagine que tu sais aussi que l’hypnose est utilisée pour soigner (c’est d’ailleurs une très bonne méthode pour les opérations, quand l’opéré est allergique aux produits anesthésiants, par exemple). En réalité, cette vision qu’on a de l’hypnose avec des spirales dans les yeux, ça n’existe pas.

Vraiment, ça n’existe pas ! C’est une représentation traditionnelle qui a été construite au fil du temps, mais qui, de nos jours, exactement comme le magicien qui sort un lapin de son chapeau, est un mythe qui n’a plus lieu d’être (honnêtement, qui a déjà vu de ses yeux ce tour du lapin qui sort du chapeau…?).

 

L’hypnose moderne, celle que tu peux expérimenter en nous rencontrant, représente une manière de percevoir, ressentir, et surtout de modifier notre réalité par le biais de ton imagination. En effet, si je te demande de penser à un chaton, tu peux sûrement l’imaginer, c’est à dire en générer une image, et ce seulement par la force de ton propre esprit… Génial, non ? D’ailleurs, dans l’absolu, rien ne t’empêche de faire comme si ce chaton existait, dans tes bras ; de décider de le tenir, comme si cet imaginaire pouvait, au fur et à mesure que tu y pensais, devenir de plus en plus réel… T’as pas envie de le caresser ? Allez, je sais que t’en as envie !

 


 

Bref, c’est un peu comme ces moments où on est dans le train, bien assis, qu’on regarde par la fenêtre et que, pourtant, on est complètement ailleurs dans nos pensées, à un autre moment. Et une fois qu’on revient à nous, impossible de se souvenir du paysage alors que pourtant… il est passé juste devant nos yeux ! C’est un état de conscience modifiée, un état hypnotique, donc.

 

Mais j’imagine bien que si tu es ici, actuellement, c’est parce que tu souhaites aller un peu plus loin, n’est-ce pas ? Qu’en penserais-tu de tester ta première expérience hypnotique ici et maintenant, tandis que nous parlons ensemble ? (Ou plutôt que je parle et que tu m’écoutes). Car oui, on n’est pas obligés d’entendre la voix douce et profonde d’un hypnotiseur barbu pour rentrer dans un état de détente et de relaxation : tu peux me lire et me comprendre, tu peux m’interpréter, donner du sens à mes mots, alors à partir de là, c’est comme si je pouvais chuchoter à ton oreille. Tu as bien pu imaginer ce chaton tout à l’heure. Donc commence par bien t’installer, prends une grande inspiration, et laisse un peu ces questions que tu te poses de côté pour un moment. Nous allons pouvoir commencer, si tu le veux bien.

 


 

Si tu continues ta lecture, tu vas pouvoir vivre une expérience hypnotique rien qu’en lisant, et en imaginant. Exactement comme quand tu lis un livre et que ton esprit, en plus des mots, fait apparaître des images, des émotions, des impressions… Quelque chose de magique et de prenant. Un moment de détente, puis de rêve. Ça te donne envie ?

 

Comme tu es encore en train de lire, je prends ça pour un oui ! Commence à penser à la position dans laquelle tu es, ce qui t’as amené jusqu’ici, jusqu’à ce sujet, sur ce site. Comment ça se fait que tu me lis en ce moment, tu t’es déjà posé la question depuis le début ? Réfléchis-y un moment.

 


 

On n’a pas l’habitude de penser au parcours qui nous a amené jusqu’à une situation… Et pourtant, c’est la première marque qui nous montre qu’on n’est pas dans un rêve ! Félicitations, donc, tu es pleinement conscient.

Tu t’es confortablement installé, ça y est ?

 


 

Attends, tu m’as… répondu ?! Je veux dire, aucun son n’est sorti de ta bouche, mais j’ai bien senti ce qui… Waow. Je suis plus qu’un simple texte, finalement. Je suis aussi une petite voix dans ta tête, qui résonne au fur et à mesure que ces yeux me parcourent, tu entends ? Tu me vois, donc, mais tu peux aussi m’entendre ! J’ai quelle voix ? A quoi elle ressemble ? Elle te plaît ?

 

Merci de me faire exister.

 

Mais continuons. A présent, prépare toi pour un voyage à l’intérieur de toi même : tu sais, dans ce grand espace qu’on appelle « l’inconscient ». Pourtant, c’est une partie de toi avec laquelle tu travailles constamment. Tu veux un exemple ?

 

Ton cœur qui bat, c’est inconscient : c’est une fonction vitale, première, qui est automatique, tu n’as pas consciemment besoin de faire d’effort pour que ça se fasse, et heureusement !

Cet inconscient n’est pas tout puissant : tu as une influence sur lui, si tu décides, par exemple, de reprendre toi-même le contrôle de ta respiration.

Cette respiration qui se faisait jusqu’à présent sans que tu y penses, et qui, maintenant, est contrôlée seulement par toi, par ta propre volonté. Ça fait quoi comme sensation ?

Maintenant que tu peux la contrôler à ta guise, tu peux choisir de l’accélérer ou de la ralentir. C’est agréable, car ça permet de se relâcher un peu plus, de se détendre.

 


 

Il faut une certaine volonté pour se faire hypnotiser, à quel point penses-tu être capable de lâcher prise ? Car ce qui est fabuleux avec l’hypnose c’est que, moins tu y penses, moins tu y fais attention, plus c’est prenant. Alors tu peux te laisser aller dans la lune, pour une fois qu’on t’y autorise ! Tu peux divaguer à ta guise… et en dehors de cette main qui te permet de descendre pour continuer à lire, tu peux choisir de détendre tout le reste de ton corps.

 

Imagine que tu es une roue de vélo, qui descend… une montagne de coton. La pente n’est pas très raide, tu voyages doucement et tu peux voir au loin le paysage magnifique défiler. A quoi ça ressemble ? Essaie de te le décrire. Mais pendant ce temps, cette roue continue sa descente sur la voie de la détente ; et plus elle descend, et plus la pression se relâche. Un peu comme quand cette roue, gonflée à l’origine, laisse filer cet air qui la tend pour se relaxer complètement, comme si elle pouvait respirer, lentement, inspirer puis expirer.

 

C’est toi qui va choisir à quel rythme cette roue descend. Tu peux même le synchroniser sur ta respiration. Mais pendant ce temps, imagine que tu te vois de l’extérieur : en fait, c’est comme si tu avais un écran qui te permettait, depuis ce monde imaginaire, de te voir d’au dessus : ton corps, assis dans cette position, ce qui se trouve autour de toi. Penser au fait que, actuellement, tu es bien loin de tout ça, et ça peut te faire sourire. Sourire de penser que c’est toi et seulement toi qui a créé tout ça, sourire de cette détente car ça fait longtemps que tu ne t’étais pas senti aussi bien…

 

Et tandis que cette roue descend, toujours, tu peux commencer à sentir que ces yeux ont de plus en plus de mal à rester ouverts. Pourtant il faut qu’ils le restent pour que tu puisses me lire ! Ne les ferme pas tout suite. Je vais compter de 5 à 1, et quand j’aurai fini de compter, alors, tu pourras fermer les yeux.

 

5

 

Quand tu les fermeras tout à l’heure, tu pourras enfin te détendre complètement, cette main n’aurait plus besoin de me faire défiler, cette tête plus besoin de me regarder, tu pourras alors te laisser complètement aller à l’intérieur de toi-même, là où tu veux que ton imaginaire te porte, comme dans un rêve agréable où tu serais toujours conscient.

 

4

 

Tu pourras même plonger dans cet écran qui te permettait de te voir : un peu comme s’il y avait ton corps devant toi, mais que ton esprit, lui, se promenait autre part dans la pièce, comme s’il n’avait plus besoin de ce corps pendant un instant. Tu pourrais te détacher de toutes ces sensations alors, et n’être qu’une pure pensée.

 

3

 

Quand tu seras là-bas, il y aura forcément une porte pas loin de toi, et tu sauras que passer cette porte, ce sera un moyen pour toi de revenir ici et maintenant, reconnecté avec ton corps. Mais tant que tu ne l’auras pas passée, alors tu peux rester autant que tu veux dans cette détente profonde et dans ce monde de rêves. Il n’y a que toi qui décide.

 

2

 

Je ne vais pas te retenir plus longtemps, je pense que tu n’attends qu’une chose… tu vas donc pouvoir fermer les yeux, et te laisser aller.

 

1

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et maintenant, nous allons faire le compte dans l’autre sens :

 

1

 

Tu sens l’énergie qui remonte, les yeux qui se rouvrent et le corps qui se redresse.

 

2

 

Tu te reconnectes avec la réalité, ici et maintenant, tu prends une grande inspiration et tu sens cette énergie, cette patate, allez !

 

3

 

Tu est totalement réveillé.

 

4

 

Tu l’es encore plus maintenant et ce à chaque respiration.

 

5 !

 


 

Rebonjour. Ça va ? Comment tu te sens ? Ça peut te sembler étrange, ce genre de conversation, car quand on y pense, je te parle mais tu n’as pas la possibilité de me répondre.

 

Du moins, tu ne pouvais pas tout à l’heure, mais à présent il te suffit de descendre un peu pour me laisser un commentaire. Dis-moi ce que tu as ressenti, je veux tout savoir ! En attendant, j’espère que tu as passé un bon moment, car moi oui.

 

À la prochaine, l’ami !