Pourquoi la zone de confort est votre pire ennemi

Sortir de sa zone de confort

Lorsque pour la première fois vous allez tenter d’hypnotiser quelqu’un, vous allez ressentir cette forte adrénaline, cette peur au ventre qui va vous faire trembler de tout votre être. C’est parce que vous allez sortir de votre zone de confort pour vivre une nouvelle expérience.

La zone de confort doit désormais être votre pire ennemi. Tous les hypnotiseurs entrent dans une zone de confort, tôt ou tard, et tous ne font pas l’effort d’en sortir. Ne faites pas la même erreur !

Les hypnotiseurs de spectacles qui se contentent de pratiquer l’hypnose sur scène ne sauront jamais hypnotiser des personnes moins réceptives par exemple. S’ils s’enferment et se limitent à la scène, ils vont très vite atteindre leurs limites. Les hypnothérapeutes qui utilisent des inductions lentes de 10 à 20 minutes sont dans une zone de confort qui limitent terriblement leur efficacité. S’ils se décidaient enfin à sauter le pas et apprendre les inductions instantanées, ils gagneraient peut-être 10 à 20 minutes supplémentaire de travail thérapeutique par séance.

Et il en va de même pour VOUS. Si vous vous limitez à hypnotiser la famille et des amis proches avec toujours les même inductions et les même phénomènes hypnotiques, à un moment donné vous ne progresserez plus.

Do one thing everyday that scares you.
Faites chaque jour une chose qui vous fait peur.
Eleanor Roosevelt

Le plateau – notre limite naturelle

Joshua Foer, un champion de la mémoire (il a battu en 2006 le record du monde de mémorisation d’un jeu de 52 cartes), est aussi un excellent journaliste scientifique, et il explique dans une conférence (en anglais) ce qu’il appelle le « plateau » qui symbolise une limite naturelle de nos performances.

Il explique dans un premier temps comment il s’est longtemps entraîné pour améliorer sa mémoire. Tous les matins, après avoir bu son café, il s’asseyait devant son bureau pendant 10 à 15 minutes pour mémoriser un poème ou des noms trouvés au hasard dans des livres. Et plutôt que de prendre un magasine ou un journal pour s’occuper dans le métro, il récupérait des pages de chiffres ou des jeux de cartes à mémoriser. Et petit à petit il a commencé à mémoriser tout et n’importe quoi. Plaques d’immatriculations, listes de courses, numéros de téléphones…

Après plusieurs mois d’entraînement intensif, il a constaté que ses progrès s’estompaient progressivement. Et pourtant il a continué de s’entraîner des heures et des heures, sans pourtant parvenir à mémoriser les cartes plus rapidement. Il est tombé sur ce fameux « plateau ». Il avait atteint sa limite et mémorisait en moyenne une carte toutes les 5 secondes.

De la vitesse de frappe sur un clavier

Il s’est alors intéressé à diverses études scientifiques, dont l’une consacrée à l’apprentissage de l’utilisation d’un clavier. Ils ont remarqué que les gens progressaient très rapidement au depart, passant de la frappe hésitante avec un seul doigt, à une utilisation un peu plus confiante avec deux doigts, jusqu’à ce que le processus devienne inconscient et beaucoup plus fluide. A ce stade, la plupart des personnes arrêtent de progresser. Elles atteignent ce plateau.

Et si on s’arrête deux secondes sur cet état de fait, c’est assez étrange. Dans notre culture, on nous a toujours répété que la pratique était l’unique moyen de devenir meilleur. Pourtant, je pense pouvoir affirmer que l’on est nombreux à passer plusieurs heures par jour à utiliser un clavier. Alors qu’est ce qui fait que nous arrêtons de progresser ?

Ce que les scientifiques ont découvert

Dans les années 1960, des scientifiques (Paul Fittz et Michael Posner) ont essayé de répondre à cette question en décrivant les trois étapes de l’apprentissage d’une nouvelle compétence.

Première étape : la découverte cognitive

Durant la première étape, connue sous le nom d’étape cognitive, il s’agit simplement d’acquérir une idée du but à atteindre. Nous élaborons ainsi des stratégies pour accomplir cette tâche de manière plus efficace. Cela peut-être par exemple en recherchant à l’intérieur de nous des compétences similaires qui pourraient aider à ce nouvel apprentissage. Lorsque l’on sait jouer au tennis, on apprendra plus facilement à jouer au ping pong parce que des mécanismes semblables rentrent en jeu.

Lorsque vous lisez mon e-book pour apprendre l’hypnose, vous êtes dans cette première étape. Vous vous imaginez en train d’hypnotiser des amis, des proches, et vous faites le lien avec vos précédentes expériences.

Deuxième étape : la fixation et la diversification

Pendant la seconde étape, la personne recherche une stabilisation de l’organisation interne du processus. En d’autres termes, ce stade qui est en fait celui de l’automatisation, a un double but :

  • La diminution du coût énergétique : c’est la réduction puis l’élimination des processus inutiles. Dans le cadre de l’hypnose, il s’agit de prendre confiance en soi et d’éviter au maximum tout le langage verbal et corporel inutile. Il faut être précis dans ce que l’on dit, et ce que l’on fait. Que chaque mot et chaque geste compte.
  • L’économie de la charge opérationnelle : on passe d’un fonctionnement avec verbalisation des actions et contrôle visuel du geste à un fonctionnement qui se situe à un niveau inconscient. Petit à petit, on tape au clavier sans y penser, et sans avoir à regarder le clavier. De la même manière, votre objectif avec l’hypnose sera de petit à petit vous séparer des scripts que je vous présente dans mon livre jusqu’à vous adresser à vos sujets avec vos propres mots de manière tout à fait naturelle.

A ce stade, le meilleur moyen d’évolution reste la pratique.

Troisième et dernière étape : l’autonomie

Enfin, la dernière étape, appelée la phase autonome, décrit un fonctionnement totalement inconscient, ce qui permet à la personne de se focaliser sur d’autres éléments de manière simultanée. Par exemple, vous pouvez observer les signes de transes, mieux analyser la situation dans son ensemble, tout en continuant de donner toutes sortes de suggestions. Vous pouvez alors repérer parmi 4 ou 5 volontaires lequel est le plus réceptif à votre test de suggestibilité tout en continuant à donner vos suggestions parce que vous ne perdez plus de temps à vous focaliser sur ce que vous allez dire.

Le processus « hypnotiser une personne » devient alors automatique.

Le cheminement vers cette étape est simple. Vous allez rater. Recommencer. Échouer de nouveau. Retenter l’expérience. Faire de nouvelles erreurs. Vous adapter. Recommencer. Et enfin réussir. Et petit à petit, vous allez prendre confiance, avoir vos premières vraies réussites, et vous allez prendre de plus en plus de plaisir à hypnotiser. Le risque, c’est que vous en restiez là. Parce que vous seriez alors bloqué dans votre nouvelle zone de confort.

Pendant très longtemps, les scientifiques pensaient que ce plateau symbolisait la limite maximale pour une personne. Et plus tard, ils ont découvert qu’avec une mentalité différente, un effort fourni particulier, l’évolution était toujours permise. Ils se sont aperçus que les meilleurs dans chaque domaine suivaient finalement le même principe. Ils développaient tous des stratégies pour rester en dehors de cette phase autonome en faisant trois choses :

  • En restant concentré sur l’aspect technique de leur pratique
  • En se fixant de nouveaux objectifs toujours plus complexes
  • En récupérant un maximum de retours sur leurs performances

Vous allez voir, c’est très simple…

Les amateurs de musiques ont tendance à passer beaucoup de temps à jouer et rejouer des morceaux qu’ils maîtrisent déjà. Parce qu’ils aiment la musique et s’en contentent, tout simplement. Alors que les professionnels, les meilleurs, vont plutôt passer des heures à travailler des exercices très difficiles et se concentrer presque exclusivement sur les partitions les plus ardues, celles qu’ils ne maîtrisent pas encore. De la même manière,  les meilleurs skaters vont passer plus de temps à tenter des sauts qu’ils ne réussissent pas encore, alors que les skaters du dimanche vont plutôt continuer de travailler des sauts qu’ils maîtrisent déjà. Ils s’amusent très bien ainsi, et ne voient pas l’intérêt de se faire mal à tenter plus compliqué.

Lorsque vous avez l’impression d’être enfin un bon hypnotiseur, vous avez le choix d’en rester là, ou de chercher où s’arrête votre zone de confort pour vous lancer de nouveaux défis et devenir meilleur encore.

Pratiquer ne suffit pas, l’échec est la clé

Pour progresser, nous devons être constamment en train de se motiver pour aller au-delà de nos limites et ensuite porter toute notre attention sur pourquoi on a échoué. L’échec est le meilleur moyen de progresser.

Prenons l’exemple de Robin. Avant de venir sur Toulouse, il n’avait jamais hypnotisé dans la rue.
A chaque fois qu’il hypnotise une nouvelle personne, il préfère toujours  être dans une salle de cours de sa fac, entouré de ses amis qui le soutiennent et le connaissent déjà en tant qu’hypnotiseur. C’est sa zone de confort. Dans ce contexte là, ses paroles, ses gestes, deviennent automatiques. Il n’a même plus vraiment besoin de penser à ce qu’il va dire ou faire. Tout vient naturellement. Il maîtrise son domaine. Et s’il veut continuer à progresser, il sait qu’il va devoir se faire violence. Il sait qu’il va devoir faire face à de nombreux échecs. Mais ce qu’il sait maintenant, surtout, c’est qu’il faut jeter toutes ses pensées limitantes !
Parce qu’échouer, c’est l’occasion de recevoir un feedback qui permettra d’avancer et d’évoluer davantage encore.

Il était effrayé à l’idée d’aborder des inconnus. Et au final, il l’a fait. Il est sorti de sa zone de confort. Et il en est ressorti grandi par des rencontres et des expériences inoubliables.

Faites vous peur, n’ayez pas peur de l’échec.

Et moi dans tout ça ?

Avec l’hypnose de rue, je me force à n’avoir aucune pensée limitante, et ne jamais penser que j’ai atteint ma limite. Lorsque Robin a voulu me tester en me proposant de sortir la pancarte devant des dixaines de personnes, je l’ai fais sans réfléchir. Et ce boost d’adrénaline, de peur, a été largement récompensé depuis, vous vous en êtes rendu compte dans ce compte rendu, ou celui-ci.

Avec la bonne approche, le bon feedback, et la volonté de toujours pratiquer là où c’est le plus difficile, là où nous sommes le plus à même d’échouer, nous ne cesserons de toujours plus nous améliorer et dépasser ce que nous pensions être initialement notre limite.


Voir l'auteur
7 commentaires
  • j avoue ce n est pas facile surtout quand on manque de confiance, pour ma part j ai toujours l impression que je vais m emmêler les pinceaux ou bégayer quelque part. Mais aujourd hui j ai hypnotisé un collègue de travail sur qui ca a parfaitement fonctionné et au final c est plutot rassurant et laisse autant a l hypnotiseur que l hypnotisé une grande satisfaction et une merveilleuse expérience supplémentaire ;)

    Répondre
  • comment tu a fait dany le livre je conpremd pas trop si jpourre de contacter email poyr en parler car sa me passionne mes ses pas pour t enbeter jean-emanuelle mes je conprem pas le livre

    Répondre
    • Jean-Emmanuel
      22 juin 2012

      Ce n’est pas pour t’embêter, mais je ne comprends pas un mot de ce que tu racontes… Essaie de faire un effort sur l’orthographe :/

      Répondre
  • desolé mes j ai 13 ans est je ve apprendre l’hypnose mes sans te vexé ton livres j arrive pas a comprendre si tu pourrait m’aider s’il te plait

    Répondre
  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>