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  1. Gardel

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    Croyances et réalité

    J’ai peut-être mal insisté sur ce qu’est une couleur. Une couleur est une perception d’une onde électromagnétique. Il n’existe pas de couleur dans la réalité mais une onde électromagnétique. Il n’y a donc pas de sens à dire « perception des couleurs ». Il est effectivement tentant de dire qu’une personne ayant une vision normale « voit plus vrai » qu’un daltonien, car le daltonisme est une anomalie et les daltoniens sont minoritaires. Mais si on compare avec d’autres espèces animales ? Chaque espèce animale dotée du sens de la vision a sa propre façon de percevoir les ondes électromagnétiques, c’est-à-dire ses propres couleurs. Et les différences de couleurs entre espèces sont déterminées par l’évolution. Il n’y aurait pas de sens à dire qu’une espèce voit plus vrai qu’une autre. La seule réalité est l’onde électromagnétique. Ce qui est vrai ou faux est le constat que l’on tire de nos perceptions, pas la perception en elle-même. En voyant 2 personnes, tu peux faire le constat « je vois 2 personnes » qui est vrai, ou le constat « il y a 2 personnes » qui est faux. Une perception ne porte pas de sens et ne peut donc être qualifiée de vraie ou fausse. Par contre, l’interprétation que l’on a de cette perception crée un sens pouvant être qualifié de vrai ou faux. La différence est subtile, en particulier lorsque l’on considère que l’interprétation est fortement couplée à la perception, mais c’est une différence tout de même. Effectivement, la simple définition « la faculté à définir le vrai du faux » gagne à être étoffée. C’est ce que je pense avoir fait dans le reste du paragraphe. Je vais apporter d’autres clarifications. La raison seule ne permet rien. On ne raisonne pas sur rien. Elle est une sorte de mécanisme rigide qui permet d’inférer des conclusions à partir de données. Elle est transcrite par la logique formelle. Elle a des règles simples comme par exemple le principe d’identité et le principe de non-contradiction et permet des raisonnements plus complexes comme le syllogisme. J’avoue qu’il est difficile de définir précisément ce qu’est la raison. Pour faire très court et très simple, je dirais : raison = logique. Cependant, le terme raison peut être entendu dans un sens plus large, en incluant des conditions pour que le raisonnement aboutisse à des conclusions justes. Notamment l’assurance que les prémisses soient vraies. Si les prémisses sont fausses, on a beau utiliser un raisonnement valide, on ne peut pas garantir que les conclusions seront vraies. Des critères de prémisses sont donc combinés à la raison pour garantir que les conclusions soient vraies. Pour qu’un résultat soit vrai, il faut que les prémisses soient vraies et que la forme du raisonnement soit valide. La méthode scientifique impose bien évidemment ces deux conditions en plus de nombreux autres principes. Cependant la science est une activité humaine et les scientifiques ne sont pas à l’abri de commettre des erreurs. Toutefois, la publication des données de recherche et la reproductibilité des expériences (qui font partie de la méthode scientifique) permet de trahir les erreurs. Tant qu’un résultat scientifique n’est pas réfuté, il est considéré comme vrai. Et plus un résultat scientifique dure dans le temps sans être réfuté, plus il a de chances d’être effectivement vrai.
  3. Gardel

    Croyances et réalité

    La science vise l’objectivité. Pour cela elle prend bien évidemment en compte les limites de la simple perception. En respectant les exigences de la méthode scientifique (qui impose des critères stricts d’observation, de raisonnement, et d’expérience…), la science permet de produire des connaissances qui sont les plus fiables que l’on puisse obtenir. On considère donc un résultat scientifique comme vrai… jusqu’à ce qu’il soit réfuté rationnellement, car oui, une connaissance scientifique est par définition réfutable. On est donc bien loin d’une vulgaire croyance. Ah, et le scientisme n’est pas ce que tu crois. Sans parler de perception, une croyance peut être vraie ou fausse. Mais ça reste une croyance. Comme je l’ai dit, ce qui différencie croyance et connaissance est la relation qu’entretient le sujet avec celle-ci. Il y a une différence qualitative déterminante entre croyance et connaissance indépendamment du degré de véracité de la croyance. Quant à dire qu’une perception est une croyance, c’est aller vite en besogne. La croyance est plutôt un jugement qui vient (éventuellement) après la perception. Et je ne pense pas qu’on puisse dire qu’il y a des perceptions plus proches de la réalité que d’autres. Par exemple les couleurs, qui sont les perceptions de la longueur d’onde d’une onde électromagnétique, sont différentes entre les individus et plus encore entre les espèces animales. Mais est-ce qu’il est valable de dire que tel individu ou tel animal voit les couleurs « plus vraies » que les autres ? Idem pour les odeurs ou les sons. On peut tout au plus dire qu’il y a des différences de précision ou d’acuité dans les perceptions. La raison est la faculté de l’esprit à discerner le vrai du faux ou le bien du mal. C’est tout. Elle n’est ni fondée sur la réalité, ni sur la perception. Elle est vide de contenu et doit être alimentée par des données pour fonctionner. Son fonctionnement est bien représenté par la logique. Avec un raisonnement valide, si les prémisses sont fausses, la conclusion inférée a de grands risques d’être également fausse. C’est pourquoi il est important de faire attention aux prémisses. Si la forme du raisonnement est valide et que les prémisses sont vraies, alors la conclusion sera indubitablement vraie. Je te rejoins sur les faits et l’accumulation des prédictions vraies qui corroborent la véracité d’une thèse. C’est d’ailleurs précisément le cas pour les théories scientifiques. Je suppose que ce que j’ai dit juste avant sur les prémisses correspond à ce que tu dis là sur les « antécédents ». Une position hiérarchique particulière ne donne pas en soi la faculté de mieux déterminer de vrai du faux que les autres. Chacun est doté de la même faculté de raison et à partir des mêmes prémisses tout le monde infèrera la même conclusion. Oui, il est a priori impossible de connaître directement la réalité. Oui, l’expérience et les prédictions avérées peuvent permettre de corroborer une thèse, mais cela n’est pas suffisant. En effet, on peut très bien se baser sur une expérience biaisée, des prémisses erronées et/ou un raisonnement bancal et pourtant obtenir des prédictions vraies. Dans ce cas on ne pourra pas dire qu’on a créé une connaissance. Seule la méthode scientifique permet de se prémunir contre cela. Et non, commme je l’ai expliqué plus haut, une croyance vraie n’est pas une connaissance.
  4. Gardel

    Croyances et réalité

    C’est juste. Il y a des postulats indémontrables en science qu’on appelle axiomes. D’ailleurs la raison elle-même ne se fonde pas en raison. Cependant, est-ce qu’axiome est synonyme de croyance ? J’en doute. Un axiome est par définition indémontrable donc un scientifique ne peut pas affirmer catégoriquement qu’un axiome est vrai. Le scientifique considère l’axiome pour ce qu’il est… un axiome, c’est-à-dire un postulat indémontrable et non une vérité. Et si ce postulat devait un jour être réfuté, il en prendrait aussitôt acte. En revanche une croyance est perçue comme vraie par le sujet sans qu’il cherche à en établir le bien-fondé. Oui, le croyant prend sa croyance pour vraie, évidemment. Quand je dis « sans exigence de vérité », je veux dire que le sujet ne prend pas la peine de chercher à savoir si ce qu’il croit est vrai ou pas. Il le considère d’office comme vrai. Si c’est le cas ils devraient dire « je crois/pense/suppose que ». Mais j’ai l’impression que pour certaines personnes disant « j’ai la croyance que […] donc » en tant qu’hypnotiseur, leur croyance aurait un effet sur leur hypnose, à la façon de la pensée magique. Ce qui serait faux. Mais j’ai peut-être mal interprêté (je l’espère) ce que j’ai pu lire. EDIT : j’ai oublié de répondre à cette question : Cela dépend du choix de chacun. Néo a eu le choix entre la pilule bleue et la pilule rouge. Une personne ayant le soucis de vérité sur une question donnée engagera les efforts nécessaires pour tendre vers la vérité et aboutira éventuellement vers une connaissance. Une personne n’ayant pas le soucis de vérité sur une question donnée ou n’ayant pas envie de produire les efforts nécessaires à sa recherche se contentera de peu pour se créer un avis ou une opinion. C’est une question de choix ou de cadre. Un scientifique, dans le cadre de son travail, doit impérativement refuser toute croyance. En dehors de son travail, il peut croire à ce qu’il veut. De même je pense qu’un hypnotiseur devrait avoir une approche rationnelle de l’hypnose et être toujours en quête de connaissance sur le sujet, même si tout n’est pas expliqué et se prémunir de toute tendance mystifiante.
  5. Gardel

    Croyances et réalité

    Petit bémol : ça me choque un peu de lire que les sciences reposent sur des croyances. Elles se basent plutôt sur des observations, du factuel. Science et croyance sont assez antinomiques. Une connaissance ou théorie scientifique peut être réfutée ou dépassée, certes, mais de par la nature empirique et rationnelle de la démarche qui y a mené, elle est de toute autre nature que la croyance, qui elle, est plutôt spontanée et ne repose sur rien de solide. Pour le reste, je suis assez d’accord. Les croyances sont nécessaires pour appréhender le monde mais il faut savoir les abandonner quand on veut tendre vers la connaissance. Pour en revenir à l’hypnose, je conçois qu’il est important de prendre en compte les croyances du volontaire, car elles peuvent effectivement influer sur l’expérience hypnotique. Par contre je suis surpris de voir des hypnotiseurs parler de leurs propres croyances comme affirmations valables pour expliquer les phénomènes de l’hypnose. Je pense qu’un hypnotiseur devrait avoir une approche scientifique (du moins autant que possible) de l’hypnose, ou au moins, éviter de dire « ma croyance est que » mais plutôt « je crois/pense/suppose que ». Ce serait plus agréable à lire en plus.
  6. Gardel

    Croyances et réalité

    Non, la réalité est unique et objective et la vérité s’y rapporte. Ce dont tu parles et qui est propre au sujet est sa représentation de la réalité.
  7. Gardel

    Croyances et réalité

    Question éminemment intéressante ! En effet, beaucoup de membres du forum utilisent ce mot à tort et à travers… Je tente quelques réponses, en espérant ne pas me tromper moi-même ! Une croyance est une adhésion à une idée, sans exigence de vérité. Oui, les croyances, multiples et pouvant être contradictoires, n’ont aucune influence sur la réalité, unique et cohérente. Une croyance est un acte personnel et subjectif, qu’elle soit vraie ou fausse. La réalité est indépendante et objective. Par contre, les croyances influent grandement sur le comportement du sujet, y compris en état d’hypnose. Une croyance n’a pas été passée par le filtre de la raison. Au contraire, une idée ayant été étudiée rationnellement et rigoureusement permet d’obtenir une connaissance, qui s’oppose à la croyance. La différence entre croyance et connaissance dépend de la relation qu’entretient le sujet avec celle-ci. La connaissance de quelqu’un peut être la croyance de quelqu’un d’autre. Une connaissance, une hypothèse… À vivre ! La connaissance n’est pas innée, elle s’acquière (ou pas). En attendant, on a besoin de croyances. Idéalement il faudrait douter de et refuser toute croyance et user de raison pour tendre vers la vérité, mais ce n’est pas toujours évident.
  8. Volontaire très réceptive et très expressive. Un régal. Elle part très vite. Pas de challenge donc. Catalepsies, amnésies et pas mal d’hallucinations. La liste des effets est dans la description de la vidéo. Par contre j’avoue que la séance est un peu longue. Il faudra que je limite un peu à l’avenir.
  9. Gardel

    Traducteur d'hypnose

    Sympa cette expérience. Merci pour le partage
  10. Gardel

    novice avec des questions

    Tu devrais lire La voix de l’inconscient. Ce livre répondra à beaucoup de tes questions et te donnera de très bonnes bases pour démarrer en hypnose de rue.
  11. Il y a déjà eu un topic sur le sujet il y a 4 jours. http://street-hypnose.fr/forum/topic/6295-formation-certifiante-en-hypnose-th%C3%A9rapeutique/
  12. Re-bonjour Chris. Bienvenue sur le forum ! C’était cool de te rencontrer à Toulouse. Je te souhaite une bonne continuation dans l’hypnose de rue. Hâte de voir cette série de vidéos !
  13. Rue Roschach (juste derrière le Capitole), côté rue Lafayette, en face de La Poste.
  14. Gardel

    Livre en Anglais

    Reality is Plastic d'Anthony Jacquin.
  15. Gardel

    Une suggestion positive ?

    C'est dingue ce que vous dites sur les hypnotiseurs de camping. Ils ont appris l'hypnose comment ? J'ose espérer que c'est de l'ignorance plutot qu'une véritable volonté de choquer... Je pense qu'il est tout à fait possible de faire du spectacle en prenant soin des volontaires. Il y a plein de suggestions qui sont impressionnantes/amusantes pour le spectateur et non déplaisantes pour le volontaire.
  16. C'est vrai. À partir du moment où on tombe sur un volontaire très réceptif, ça devient rapidement spectaculaire et pour peu qu'on soit visible, un attroupement peut vite se créer. Pour moi, la différence avec l'hypnose de spectacle, c'est qu'on accepte n'importe quel volontaire, sans savoir s'il va être réceptif ou pas. Et le but est de lui faire vivre des phénomènes hypnotiques, peu importe que ce soit impressionnant pour les spectateurs ou pas. De plus, on se soucie du volontaire en lui demandant régulièrement si ça va et si il veut continuer, ce qui n'est pas forcément le cas dans les spectacles d'hypnose. L'hypnose de spectacle est pour le spectateur. L'hypnose de rue pour le volontaire. Mais si le volontaire est très réceptif et à l'aise, ça peut devenir spectaculaire et je ne pense pas que ça pose de problème tant que le volontaire le vit bien. Et je prends soin au début de poser un fusible en suggérant que le volontaire peut toujours refuser une suggestion. Après, est-ce vraiment efficace ? Je ne sais pas à quels moments tu fais allusion mais quand j'ai l'impression qu'elle n'a pas l'air à l'aise je lui demande si ça va et je poursuis avec une suggestion plus orientée sur des sensations agréables. Au final je n'ai jamais senti de vrai malaise chez elle. À la fin de la vidéo, après le réveil, je lui demande justement son ressenti sur la séance. Et ses réponses sont positives. Je l'ai recontactée récemment pour lui demander l'autorisation de publier cette vidéo et elle avait l'air de l'avoir très bien vécu.
  17. Elle a juste eu les mains collées à un spectacle d’hypnose. Ce n’est pas rien certes, mais j’ai déjà eu des séances similaires avec des volontaires qui n’avaient pas eu la moindre expérience d’hypnose. Je tente souvent la catalepsie des doigts dès qu’ils se sont touchés. Et ça marche très bien. Si je vois que le volontaire est très concentré sur ses doigts et/ou qu’il est impressionné par le fait que ses doigts se rapprochent, je suggère qu’ils se serrent. Si je vois que les doigts se serrent effectivement (et il n’y a aucune aide physiologique pour cela), je suggère alors qu’ils se collent et ça marche presque toujours. Évidemment si les doigts ne se rapprochent pas très vite, que le volontaire n’est pas très concentré ou que je ne le sens pas, je laisse juste les doigts se toucher et je passe aux mains qui se rapprochent. En général c’est plutôt les personnes qui accompagnent les volontaires qui se plaignent de la durée de la séance ^^ Je laisse le volontaire maître de la durée de la séance mais ça m’embête un peu.
  18. Gardel

    Animation d'intro pour les vidéos Street Hypnose

    Le lien est n’est pas valide. Ce n’est pas un lien de partage Dropbox.
  19. Gardel

    29 ans déjà !

    Bon anniversaire Jean-Emmanuel ! Merci d'avoir démocratisé l'hypnose de rue en France !
  20. Bienvenue Jean-Baptiste ! Belle présentation très complète. Je suis moi-même arrivé sur Street Hypnose après avoir vu cette vidéo. :-) Les effets impressionnants de l'hypnose et la facilité avec laquelle on peut hypnotiser sont clairement étonnants. Tu devrais pratiquer dans la rue avec d'autres street-hypnotiseurs. Si tu as la bonne attitude, tu progresseras en un rien de temps.
  21. Là. Je passerai aussi cet après-midi.
  22. Empiriquement on remarque bien que le volontaire devient de plus en plus suggestible, qu’il s’approprie des suggestions de plus en plus complexes au cours de la séance. Il y a donc bien un niveau de suggestibilité (ou de transe) qui augmente. Et comme tout état qui évolue, cela se fait progressivement. Éventuellement on pourrait définir des seuils de suggestibilité, mais cela ne correspondrait à aucune réalité physiologique ou psychologique. À quoi penses-tu ? Par ailleurs pourquoi demander des croyances ? Trouver des faits ou des explications rationnelles est plus intéressant à mon avis.