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Pitseleh

L'avenir du métier d'hypnothérapeute

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Bonjour à tous,

 

C'est un sujet qui est malheureusement souvent survolé, car à moins de rechercher précisément ce que dit la loi à ce sujet, ce qu'en fait la jurisprudence et ce qu'il se passe en réalité pour la majorité des hypnothérapeutes/hypnopraticiens/Accompagnants en hypnose, c'est souvent l'opinion de chacun qui se pose comme une affirmation.

 

J'ouvre ce post pour essayer d'avoir une discussion argumentée sur la question, en espérant obtenir des réponses d'hypnopraticiens, mais aussi de personnes assez installées dans le milieu, plus à même de savoir ce qu'il se trame dans les instances. Je pense que les directeurs des grandes structures formatrices françaises (je pense à l'ARCHE, l'IFHE, Psynapse, Xtrëma...) hors cadre médical ont probablement quelques connaissances à ce sujet.

Pour recadrer, voici concrètement la jurisprudence autour de l'hypnose, dans une réponse du Ministère des solidarités et de la santé en date du 14 février 2019 à une question publiée dans le JO Sénat : "Dans ce prolongement, la jurisprudence de la Cour de Cassation dans un arrêt du 9 mars 2010 précise que l'exercice notamment de l'hypnose dans un cadre autre que médical s'apparente à l'exercice illégal de la médecine (n° 09-81.778 de la chambre criminelle du 9 mars 2010)."

 

Stricto sensu, cela signifie que les milliers d'hypnothérapeutes non médecins sont dans le cadre de l'exercice illégal de la médecine, et ce même en employant des termes tels que "accompagnement par l'hypnose" ou "accompagnement au mieux-être". Je sais qu'il est de coutume chez les hypnos d'adhérer à une charte éthique et d'indiquer très précisément sur leurs sites qu'il ne s'agit pas d'un acte médical, mais si l'on s'en réfère très précisément à la jurisprudence, le seul USAGE de l'hypnose est illégal.

 

Voilà, le pavé est lancé, ce qui soulève quelques questions :

- Quid de l'avenir des hypnothérapeutes déjà installés, non professions médicales ? Pensez-vous que le législateur tendra à légiférer tel qu'il l'a fait pour la psychothérapie ?

- Est-il encore raisonnable de se former pour une reconversion professionnelle en accompagnement par l'hypnose, sachant qu'en comparaison, le terme de Coaching appartient désormais au RNCP ?

- Qu'en est-il des stagiaires d'écoles type ARCHE, IFHE, etc. ? Certes certifiés (sans valeur légale), obtiendraient-ils par rétroactivité le titre d'hypnopraticien si cette profession venait à être reconnue... ?

 

J'espère vous lire :)
 

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Cela ne te donnera pas forcement plus d'info que tu en as actuellement, cependant, l'article est récent et parle justement du cadre, sans pour autant donner une vrai réponse.

https://martineberthet.fr/cadre-legal-pour-la-profession-dhypnotherapeute

 

(Je vais commencer moi même ma formation à l'institue HUNKAAR, et me pose les mêmes questions que toi sans jamais trouver de réponses concrètes. Je pense que c'est un dossier épineux, et qu'il faudra encore quelques années avant que la loi tranche, mais ce n'est qu'une supposition).

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C'est effectivement ce que j'avais lu en faisant mes recherches. J'ai l'impression que le Ministère botte en touche dès que la question de la reconnaissance du métier est posée et s'appuie sur une jurisprudence de 2010...

 

En gros, si demain, quelqu'un de mal intentionné souhaite te dénoncer une fois que tu te seras installé après ta formation HUNKAAR, la jurisprudence lui donnera raison :(

 

Je pense que la subtilité consiste à se mettre sous bons rapports avec les médecins exerçant près de ton lieu d'activité. Sans que cela ne représente une protection juridique, cela permet au moins de te couvrir grâce au soutien de professions médicales appartenant à l'Ordre.

 

Je commence ma formation à l'ARCHE en septembre, quand commences-tu à HUNKAAR ?

 

 

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Le 11/04/2019 à 16:59, Pitseleh a dit :

n° 09-81.778 de la chambre criminelle du 9 mars 2010

Je suis aller en lire une bonne partie (c'est pour ça que j'ai tout de suite arrêter le droit, c'est imbitable cette langue). L'hypnose, et l'hypnothérapie reviennent à plusieurs reprise, mais toujours dans l'association de la palette thérapeutique de la personne jugée, et/ou dans une fonction curative et de soin. 

 

Tous les pros que j'entends qui sont hors de la "médecine" mettent bien en avant qu'ils ne soignent pas, ni ne font de diagnostic.

 

Après ils sont aussi de plus en plus frileux avec les titres employés. Surtout que ça pousse pas mal côté médicale pour encadrer tout ça... Et de mon point de vue extérieur, ils font ça n'importe comment. (Ça doit faire deux ou trois ans que le cfhtb* force le trait dans les articles qui leurs sont accordés)

*vérifier cette info

 

http://paternet.fr/wp-content/uploads/pdf/2019/02/20190221-question-ecrite-8846.pdf

Le lien vers le JO du sénat

 

Citation

l’exercice notamment de l’hypnose dans un cadre autre que médical s’apparente à l’exercice illégal de la médecine

En tant qu'hypno, je veux bien qu'on m'explique en quoi l'hypnose est médicale/etc, c'est bancal comme approche.

 

ça tient autant la route que "l'exercice notamment du scalpel dans le cadre autre que médicale s'apparente à l'exercice illégale de la médecine".

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Je pense très sincèrement que certains comme le SNH (syndicat national des hypnothérapeutes) veulent cadrer l'hypnothérapie dans une profession à part entière ce qui est bien à mon sens.

Cependant dans la réponse qui a été faite il est rapproché l'hypnose et la médecine ce qui est évident étant donné que cela peut être une manne financière assez importante pour tout le corps médical.  De plus un de leurs points de défense est que l'hypnose est surtout utilisée pour des affects qui sont aujourd'hui "dits" dans le domaine médical tels que les addictions dépressions etc etc.  alors que les addictions et dépressions et d'autres encore n'apparaissent pas comme cela par magie et que des cachets n'y feront pas forcément quelque chose, cela viens de la méconnaissance de l'hypnose car je pense que a ministre des solidarités et de la santé ne sait pas que ces problèmes peuvent venir d'un 'besoin' non assouvi ou de visions des choses , manières de penser  ou mauvaises habitudes et ancrages négatifs. 

 

Je pense que le but de la réponse est surtout de botter en touche le temps d'avoir des études bien délimitées avant de trancher la question. Elle dit aussi qu'il y a une confusion dans le nom Hypnothérapeuthe ce qui est compréhensible et ce qui est parfois utilisé par des praticiens qui se disent presquent médeciens et qui affirment soigner alors que nous ne sommes la que pour aider la personnes  à trouver les ressources et/ou la force nécessaire pour dépasser ou régler son problème. IL est aussi indiqué dans l'article que les formations aujourd'hui dispensées par le SNH qui demande la certif sont trop courtes en moyenne 20 jours ce qui ne fait pas de cette formation une formation pouvant être rapprochée au médical car le cursus de base des médecins dure plusieurs années ( ATTENTION IL NE FAUT PAS CHANGER LES HABITUDES :lol:)

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Il y a 6 heures, Kéwa a dit :

 

ça tient autant la route que "l'exercice notamment du scalpel dans le cadre autre que médicale s'apparente à l'exercice illégale de la médecine".

 Ce qui m'inquiète justement, c'est que ça tient plutôt bien la route, au contraire.

 

L'argument des médecins est entendable, même s'il grossit et déforme la réalité de la profession d'hypnothérapeute. 

 

Ma vision est toutefois que la profession suivra le même chemin que la psychothérapie : iinterdiction de se déclarer psychothérapeute sans bac+5 en psycho etc., mais possibilité pour les hypnos en place depuis plusieurs années de faire valider leurs compétences devant un comité, et obligation pour les autres de changer de dénomination...

 

Du moins, ce serait un moindre mal.

 

Je n'imagine pas l'Etat mettre 6000 hypnos en interdiction d'exercer.

 

Si...?

 

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Le 12/04/2019 à 14:40, Pitseleh a dit :

C'est effectivement ce que j'avais lu en faisant mes recherches. J'ai l'impression que le Ministère botte en touche dès que la question de la reconnaissance du métier est posée et s'appuie sur une jurisprudence de 2010...

 

En gros, si demain, quelqu'un de mal intentionné souhaite te dénoncer une fois que tu te seras installé après ta formation HUNKAAR, la jurisprudence lui donnera raison :(

 

Je pense que la subtilité consiste à se mettre sous bons rapports avec les médecins exerçant près de ton lieu d'activité. Sans que cela ne représente une protection juridique, cela permet au moins de te couvrir grâce au soutien de professions médicales appartenant à l'Ordre.

 

Je commence ma formation à l'ARCHE en septembre, quand commences-tu à HUNKAAR ?

 

 

Oui ce peut être une bonne idée en effet.

Je commence le 9 mai, mais la formation est en 5 modules et se termine fin janvier 2020, donc j'ai un peu de temps.

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A propos de l'arrêt de la cour de cassation  que j'ai pris soin de lire, il est lui-même tordu.
En effet il traite le cas de quelqu'un qui pratique toutes sortes de choses (vous voyez le genre!) et notamment l'hypnose.
Et l'arrêt ne parle d'hypnothérapie qu'une fois en disant, je cite:

"........que sa pratique de l'hypnothérapie, c'est-à-dire l'emploi de la suggestion à des fins curatives, constitue également un procédé de guérison réservé par la loi aux seuls médecins"

Ce qui est bien sur faux puisque il n'y a aucune loi à ce propos.

 

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Bonjour,

 

Difficile de comprendre le sujet en ne regardant que le métier. 

 

Je vous invite à "dé-zoomer" et à regarder la société dans son ensemble pour mieux comprendre la place de notre métier et le fonctionnement législatif qui l'accompagne.  Nous parlons de toute la perfidie d'un système qui crée l'interdit et le laisse faire, l'encourage même.

 

Derrière tout cela ?  L'argent !  Quoi d'autre ?  Et les intérêts de chacun, de gros , très gros intérêts bien présents, souvent en contradiction les uns avec les autres.

Pour nous, c'est l'ordre de psychiatres avec l'industrie pharmaceutique, trop content d'avoir des "patients" RENTES qui payent et repayent consultations et petites pilules.  Mais c'est aussi l'intérêt de tous les gros groupes du CAC40, des têtes bien pensantes du MEDEF et de l'état, de tous ces maîtres des médias qui ont créé à coup de campagnes télévisées le marché (et la formation à) de nombreux nouveaux petits métiers comme l'hypnothérapie. 

 

Concurrence oblige, les formations de plus en plus minables à ces métiers (quand elle se font) se font à des tarifs de plus en plus ridicules et ça, c'est bon pour le business.

 

On le sait, depuis des années la maximisation des profits passe par la réduction du personnel, la robotisation, l'automatisation et par l'intelligence artificielle, alors tout ce fonctionnement permet de se "débarrasser" à moindre coût d'un personnel dont on ne sait plus quoi faire...  sans abîmer les chiffres du chômage. 

Grace à ce système, on paye des conversions professionnelles à des prix devenus ridicules.  Alors on augmente encore les profits.  La qualité des services ?  On s'en fout !  L'humain ?  On s'en fout !

 

Peu importe si des auto-entrepreneurs multi-services sans la moindre formation vont faire le travail d'un charpentier ou d'un maçon d'un installateur électronicien ou d'un architecte (qui doivent tous suivre des formations très strictes et des normes invivables).  Ils le font plus ou moins bien, pas souvent dans les normes, on s'en fout, il a le droit et c'est interdit.  Mais il travaille.  Il fait fortune ou crève de faim, on s'en fout.

 

L'ostéopathe, le masseur, le réflexologue, l'hypnothérapeute, c'est pareil.  pas grave s'il fait ou ne fait pas concurrence sans avoir la formation au kiné, au psychologue au psychiatre, au médecin qui, lui, est formé.  tout ça c'est de la masse du petit peuple des choses humaines dont on ne veut pas avoir à s'occuper et qui ne doit surtout pas abîmer les statistiques du chômage.

 

Alors il y a les règles, les lois, les normes qu'il est interdit de braver, et il y a les petits métiers que l'on promeut qui ne font que braver ces interdits.  Tant que ça fait l'affaire de beaucoup de (gros) monde, je ne crois pas que l'on ait à s'inquiéter pour notre métier.  Le mot d'ordre c'est "laisser faire".  L’interdit, c'est pour le principe et pour les individus qui serait dérangeants.

 

C,est un point de vue.

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Une structuration du métier me semble nécessaire, car aujourd'hui, rien n'empêche quelqu'un de poser une plaque après avoir simplement lu l'hypnose pour les Nuls. Après, réserver l'usage de l'hypno aux seuls professionnels de santé est à mon sens une hérésie car nous pouvons être un vrai support de bien être. Mais le fait est que beaucoup d'hypnos à peine certifiés s'improvisent psy, posent des diagnostics, etc...  Il faut savoir rester ce que nous sommes et ne pas aller dans des sentiers où nous nous perdrions. Je crois sincèrement qu'au delà de la création de syndicats divers et variés, la création d'un Ordre ( avec les présupposés nécessaires ) sera à terme la seule solution et c'est l'objectif vers lequel tendre.

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Ce que tu dis est plein de bon sens Belineo.

 

Que va t-il se passer ?  Je n'en sais rien, et franchement, plus le temps passe et plus cette aberration des hypnothérapeutes formés au lance-pierre qui ouvrent en masse à tous les coins de rue me fatigue. 

 

Personnellement, je prend progressivement mes distances avec ce métier qui ne m'apporte plus autant de plaisir à cause de ce cadre ridicule.

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Je comprends ton désarroi Très Curieux, mais est-ce le cadre qui te gêne ? Les attentes parfois disproportionnées des clients ? L'image véhiculée par les médias de l'hypnose ? Je crois sincèrement que lorsque l'on fait bien son travail, on peut regarder l'avenir avec une certaine sérénité. Déjà, dans mon quartier, les premiers hypnos formés un peu n'importe comment commencent à fermer leurs portes. Une sorte de "sélection naturelle" s'effectue. Je ne m'en réjouis pas forcément car ces hypnos là ont peut être tout misé sur leur reconversion, et on leur a vendu du rêve... Oui, sincèrement je crois que notre métier, notre pratique, doit être encadrée, exister sur deux jambes, l'hypno médicale réservée aux professionnels de santé, et l'hypnose de bien-être, destinée aux autres.

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Bonjour,

Belineo, le cadre me gène effectivement.  J'aimerai qu'il reste libre, mais ce n'est visiblement pas raisonnable.  Le contexte me gêne aussi.  Oui, ces hypnos désillusionnés ferment régulièrement, je vois cela depuis sept ans, mais un ferme et deux autres ouvrent.  On dirait que ça n'a pas de fin.

 

Il y a 12 heures, Belineo a dit :

Les attentes parfois disproportionnées des clients ?

 

Justement, NON !!!  Les clients ne se rendent pas compte de ce qu'ils font.  Leurs attentes est largement sous-proportionnées.  Beaucoup vont chez un hypno comme ils vont à la poste, en espérant acheter un résultat.  Ils consomment sans réaliser que c'est leur mental qu'il confient à quelqu'un, et le mental, c'est TOUT !

 

Ils devraient pour beaucoup être bien plus exigeants, bien lus vigilants.

 

Il y a 12 heures, Belineo a dit :

Je crois sincèrement que lorsque l'on fait bien son travail, on peut regarder l'avenir avec une certaine sérénité.

 

Malheureusement, je ne partage plus ce point de vue.  Du moins, ça dépend de ce que tu appelles bien faire ton travail.   De ce que j'observe, c'est ceux qui se vendent le mieux qui réussissent à survivre, pas forcement les meilleurs.

 

Mathématiquement, le bouche à oreille s'épuise, c'est normal, il faut un certain renouveau extérieur.  Mais quand il n'y a plus ce renouveau parce que certains peux scrupuleux trichent et pompent toute la demande par des moyens de merde, alors, ton affirmation ne marche plus.

 

Il n'y a plus ce renouveau parce que quand on prend la clientèle potentielle comme un gâteau et qu'il y a énormément de monde pour se le partager (ici c'est environ un hypno pour 2000 à 2300 habitant), forcement il n'y a plus que des miettes insuffisantes.  Alors certains ferment, et d'autres ouvrent plus nombreux.

 

Ton affirmation ne marche plus parce que quand on est bon, on ne voit les gens qu'une fois, ou plus rarement deux et (encore bien plus rarement) plus, et dans ce cas, il faut beaucoup de nouveaux clients.  Dans ce contexte, ce n'est plus possible, même en trichant et en aspirant un gros flux comme le font certains.

 

Ce métier est foutu, sauf peut-être, comme tu l'écris, à être réglementé.  Mais je ne crois pas que cela intéresse les décideurs pour les raisons décrites plus haut.

 

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