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Présentation de l'Automatic Imagination Model - partie 3 : l'Automatic Imagination Model

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Head Hacking – Free Your Mind Part 3 – The Automatic Imagination Model

 

Voici la troisième partie de l'article Free Your Mind, qui parle de notre travail à Head Hacking Research. Les deux premières parties ont décrit les modèles populaires et académiques de l'hypnose, d'Estabrooks à Wagstaff. Dans cette partie, je vais passer en revue quelques données scientifiques supplémentaires et plaider en faveur de l'Automatic Imagination Model.

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Veuillez s'il vous plaît lire d'abord les parties 1 et 2 pour vous familiariser avec l'approche que j'ai adoptée et pour comprendre le contexte à partir duquel tout cela a été écrit. Cette partie est basée sur « Que savons-nous sur l'hypnose ? », une communication que j'ai faite en 2012 à « change | phenomena », la conférence sur l'hypnose (http://www.changephenomena.com/).

 

Il me semble important de rappeler qu'au moment où Anthony et moi avons eu la première intuition qui mena à l'Automatic Imagination Model, c'était plus pour nous une blague désinvolte que quelque chose de sérieux ; nous revenions d'une conférence, et chacun résumait à l'autre les fragments de recherche scientifique qu'il avait lus.

 

En ce temps-là, nous avions une certaine confiance dans le modèle d'hypnose proposé par les Human Givens (voir partie 1), qui est essentiellement un modèle à processus spécifique. Nous nous étions débarrassé des notions d'état et de profondeur, mais nous nous attendions toujours à ce que l'hypnose ressemble à quelque chose comme un changement de processus - d'un processus « normal » vers un processus « hypnotisé ».

 

Conclure que tout cela était possible simplement avec l'imagination semblait ridicule, mais c'était ce que la science semblait suggérer. Nous arrivâmes chez Anthony et fîmes quelques tests - aucun de nous deux n'est un bon sujet, mais je réussis une amnésie et Anthony hallucina, tous les deux avec le sens de l'involontariat qui accompagne les expériences hypnotiques.

 

Dans l'hypothèse que nos succès pourraient être davantage liés à nos attentes croissantes qu'à quoi que ce soit de révolutionnaire, je décris le processus à Marcus Lewis au téléphone ; cette nuit, il le testa sur quelqu'un qui n'avait jusqu'alors jamais répondu ni aux suggestions, ni aux inductions, et Marcus réussit à lui faire vivre des amnésies et des hallucinations, sans induction, en moins de deux minutes. A partir de ce moment, nous décidâmes tous qu'il y avait là quelque chose qui demandait à être approfondi.

 

 

Que voulons-nous ?

 

En tant qu'hypnotiseurs, ce qui nous intéresse c'est l'expérience subjective que nos sujets sont en train d'avoir : ce qui nous intéresse, c'est la sensation d'involontariat ou d'automaticité qui est liée au fait que le comportement semble arriver par lui-même, et c'est la sensation que (pour leur conscience) ils ne sont eux-mêmes qu'un simple observateur.

 

Si vous faites de l'hypnose de spectacle, vous voulez que vos sujets soient hypnotisés, pas qu'ils jouent la comédie, parce que personne ne peut jouer la comédie aussi bien qu'un sujet hypnotisé. Si vous êtes hypnothérapeute, vous voulez que votre sujet soit hypnotisé, et qu'il ne fasse pas semblant, parce que si votre modèle thérapeutique s'appuie sur l'hypnose alors il est possible qu'il ne fonctionne pas si votre client fait seulement semblant. Ce à quoi nous voulons arriver, c'est que nos sujets fassent l'expérience de ce sens de l'involontariat.

 

 

L'imagination

 

Dans le cadre de la théorie sociale cognitive, John F. Kihlstrom dit que « les expériences hypnotiques prennent place dans le royaume de l'imagination - il n'y a pas réellement de ballon qui lèverait la main, ni de colle qui retiendrait les mains du sujet l'une contre l'autre, ni de haut-parleur dans le mur, et celui qui vit une régression en âge ne rétrécit pas dans sa chaise. Néanmoins, la relation entre l'hypnose et l'imagerie mentale est pour le moins controversée. Par exemple, les individus hypnotisables n'ont pas de meilleures capacités que le reste d'entre nous pour ce qui est de l'imagerie mentale. » (Kihlstrom, 2008) Il note deux choses claires : la première, c'est que l'hypnose repose sur l'usage de l'imagination ; et la seconde, c'est que les sujets qui répondent bien à la suggestion n'ont généralement pas de meilleures capacités d'imagination que les autres.

 

C'est tout à fait important, parce que ça signifie que ce que vous voyez quand vous imaginez un rat, par exemple, est identique à ce que verriez littéralement si vous étiez en train d'agir d'après la suggestion selon laquelle vous pouvez voir un rat ; évidemment, la sensation serait différente, parce que quand vous imaginez simplement le rat ça ne vous semble pas du tout réel. La différence ne tient pas dans la qualité de l'imagination, mais dans la façon dont elle est perçue.

 

Si l'hypnose fait que les sujets vont imaginer, alors quelle est cette chose qu'ils imaginent ? Traditionnellement, les suggestions contiennent ce que les universitaires appellent des imaginations dirigées vers un but (goal-directed fantasies, GDFs) ; ce sont des instructions d'imaginer que des ballons d’hélium sont en train de soulever le bras, ou que de la colle est en train de le maintenir dans la même position.

 

Si le but de la suggestion est une lévitation de la main, alors une GDF serait un scénario imaginaire qui aurait une chance de réaliser le but, par exemple des centaines de ballons d'hélium rouges et brillants attachés à votre poignet, qui le tireraient vers le haut. Si le but est une main collée, alors une GDF pourrait être une colle imaginaire qui maintiendrait la main fermement soudée.

 

On se réfère également aux GDFs comme à une imagerie de moyen, pour les distinguer de l'imagerie de fin. Si le but d'une suggestion est la lévitation du bras, alors l'imagerie de fin serait d'imaginer le bras qui se lève ; si le but est une main collée, l'imagerie de fin serait d'imaginer que la main est collée et ne peut plus se soulever. L'imagerie de moyen (GDFs) et l'imagerie de fin sont tout à fait différentes, et il est important de bien saisir la différence. L'imagerie de moyen est indirecte, créative et expressive, tandis que l'imagerie de fin est directe et spécifique.

 

Gail Comey et Irving Kirsch ont fait des recherches pour savoir si les instructions pour imaginer des GDFs (imagerie de moyen) affectaient la facilité avec laquelle les suggestions étaient prises (Gail Comey et Irving Kirsch, 1999). Ils ont pris 259 sujets qui n'avaient aucune expérience antécédente avec l'hypnose, et ils les ont divisés de façon aléatoire en deux groupes.

 

Un groupe a passé le test standard CURSS (Carleton University Responsiveness to Suggestion Scale), et l'autre groupe a passé une version modifiée du CURSS, dans lequel toutes les instructions pour imaginer des GDFs avaient été enlevées et remplacées par des répétitions des suggestions qui restaient. Par exemple, « imaginez que votre bras est comme un ballon. Imaginez qu'on est en train de le gonfler d'air, de sorte qu'il vous semble de plus en plus léger » fut remplacé par « de plus en plus léger... Votre bras devient de plus en plus léger, et monte, monte... Evoluant vers le haut... De plus en plus haut. »

 

Chaque sujet a évalué son comportement objectif (CURSS:O), sa sensation subjective (CURSS:S), si l'effet de la suggestion a été ressenti comme involontaire, si ils ont cru à la réalité de la situation suggérée, s'ils ont mis en place une imagerie de fin, s'ils se sont intentionnellement engagés dans des GDFs, et enfin si ils ont remarqué l'apparition spontanée de GDFs.

 

Les sujets ont également été évalués pour leur « réponse passive », un indicateur du fait qu'il sont restés passifs et qu'ils n'ont pas du tout engagé de stratégies, i.e. « n'ont pas fait état de comportements intentionnels d'imagerie ».

 

Les résultats révèlent trois observations frappantes. La première est que « la réponse passive est corrélée négativement avec la réponse positive ». Cela signifie que les sujets qui sont restés passifs - qui n'ont pas engagé de comportements intentionnels et n'ont rien imaginé relativement à la suggestion - répondaient aux suggestions avec une probabilité plus faible que les sujets qui s'étaient engagés d'une façon ou d'une autre.

 

Cela indique que, de façon générale, les sujets doivent faire certaines choses pour que l'hypnose se produise ; attendre passivement qu'elle arrive n'est pas une bonne stratégie. Si vous dites à vos sujets ou clients qu'ils peuvent simplement se détendre et laisser les choses se faire, alors vous êtes probablement en train de réduire votre efficacité.

 

Les sujets que vous n'arrivez pas à hypnotiser ne sont pas nécessairement en résistance vis-à-vis de vos suggestions ; ils sont peut-être simplement dans l'attente que l'hypnose se produise, ce qui - tant qu'ils ne font qu'attendre - ne sera manifestement pas le cas. (Étant donné qu'ils pensent que leur tâche est d'attendre l'arrivée de l'hypnose, il est peu probable qu'il comprennent que les invitations ultérieures à « se laisser aller » leur demandent de faire autre chose que ce qu'ils sont déjà en train de faire. Il est aisé de voir comment un hypnotiseur pourrait, à tort, comprendre cette situation comme une « résistance », bien que le sujet soit volontaire et coopérant.)

 

La deuxième observation est que « les seules GDFs qui sont positivement associées avec une réponse réussie sont celles qui sont jugées non-volontaires. » Cela signifie que les sujets qui ont dit avoir spontanément imaginé des GDFs (i.e. n'ont pas senti qu'ils étaient volontairement en train de les imaginer) ont mieux répondu aux suggestions que les autres. Ceci étant, les GDFs qui se sont produites spontanément sont rares.

 

Cela signifie également que les sujets qui ont intentionnellement imaginé des GDFs (i.e. volontairement) n'ont pas mieux répondu à la suggestion ; en fait, ils ont plus mal répondu que ceux qui n'ont pas intentionnellement imaginé de GDFs ! L'imagination intentionnelle de GDFs est corrélée négativement avec la réponse.

 

Entre le groupe à qui on a donné la version modifiée du CURSS (les instructions d'imaginer des GDFs ayant été enlevées) et le groupe à qui on a donné la version standard du CURSS (avec les instructions d'imaginer les GDFs), c'est le premier groupe (sans les GDFs) qui a obtenu les meilleures notes pour le comportement objectif, la sensation subjective, l'involontariat et, moins significativement, pour le fait de percevoir les situations suggérées comme étant réelles. Cela montre que demander aux sujets d'imaginer des GDFs - les ballons d'une lévitation de bras ou la colle d'une fixation de la main - aura généralement comme effet de réduire l'efficacité des suggestions.

 

Comey et Kirsch suggèrent que la raison pour laquelle l'imagination intentionnelle des GDFs réduit la réponse pourrait être la suivante : l'effort impliqué dans cette imagination intentionnelle des GDFs distrait l'effort requis pour que la suggestion fonctionne, ou nuit à cet effort - de quelque nature qu'il soit.

 

En d'autres termes, faire quelque chose qui n'est pas nécessaire au bon fonctionnement de la suggestion (imaginer les GDFs) réduit l'énergie cérébrale disponible pour la tâche qui consiste à faire fonctionner la suggestion (quelle que soit la nature de cette tâche).

 

Si ces conclusions étaient justes, alors cela signifierait que les suggestions devraient en réalité être données dans un format exactement inverse de celui qu'on leur donne typiquement - demander au sujet d'imaginer des GDFs réduit en fait l'effet des suggestions, alors que les rares GDFs qui se produisent spontanément pourraient simplement n'être qu'un effet occasionnel de la suggestion, plutôt qu'un mécanisme qui ait une véritable importance dans son fonctionnement.

 

Comme si ça ne suffisait pas, la troisième observation est que « l'utilisation intentionnelle d'une imagerie de fin a été très commune, et a été associé de façon significative aux réponses subjectives à la suggestion », et « nos données indiquent que l'imagerie de fin intentionnelle est une stratégie modale même pour les réponses très difficiles (i.e., les hallucinations auditives et visuelles). »

 

En exploitant les données, Comey et Kirsch mettent en lumière les stratégies adoptées par les sujets qui ont bien répondu, en fonction de la suggestion. Les suggestions considérées comme réussies sont celles qui répondent au critère comportemental.

 

Dans toutes les suggestions autres que l'amnésie (pour laquelle ils ont demandé au sujet « d'essayer d'oublier », plutôt d'imaginer qu'ils étaient incapables de se rappeler), les sujets qui ont bien répondu ont affirmé - pour 73% en moyenne - s'être engagés dans une imagerie de fin, en imaginant donc le but de la suggestion. Ce résultat est d'une constance raisonnable quelle que soit la suggestion : 79% pour la lévitation de bras, 77% pour l'hallucination d'un chaton.

 

Cette stratégie marche tout aussi bien pour tous les phénomènes, et pas seulement pour une seule classe d'entre eux ; ce qui signifie que c'est une bonne stratégie en général, et pas seulement une bonne stratégie pour, par exemple, les suggestions idéomotrices.

 

On sait depuis longtemps que l'imagination d'une action peut causer son effet (James, 1890, et Arnold, 1946, hypothèse idéomotrice, citée dans Comey et Kirsch, 1999) et la plupart d'entre nous devrait être capable d'en faire l'expérience.

 

Le pendule de Chevreul en est un bon exemple ; si vous prenez un pendule - à peu près 30 cm de ficelle avec une rondelle de métal attachée au bout - et que vous tenez l'autre extrémité du bout des doigts, le coude posé sur une table de sorte que le pendule puisse pendre librement au-dessus de la table, alors si vous imaginez qu'il va bouger en ligne droite d'avant en arrière, c'est exactement ce qu'il va faire ; de même, si vous arrêtez de l'imaginer et qu'à la place vous imaginez qu'il va évoluer en cercle, alors il va changer et suivre le nouveau scénario que vous avez imaginé.

 

Pour que ça se produise, vous devez être conscient d'imaginer le scénario de l'action désirée, mais inconscient des mouvements musculaires infimes qui sont requis. Par le biais de l'imagination, l'esprit crée l'effet physique sans la conscience de bouger les muscles.

 

Il y a alors une bonne question que l'on pourrait poser : est-ce que l'imagination quotidienne suffit ? La tâche associée au pendule requiert une attention constante pour pouvoir en vivre les effets - si vous arrêtez d'imaginer, ou si vous êtes distrait, il est probable que les effets s'arrêtent - et, par conséquent, elle n'est pas vraiment ressentie comme involontaire, même si nous faisons temporairement l'expérience d'une sensation de dissociation par rapport aux mouvements musculaires réels.

 

L'article de Raz et al. (Raz et al., 2006) auquel nous avons fait référence dans la seconde partie, montre que la suggestion seule (sans qu'il y ait eu induction) peut réduire l'effet Stroop. Est-ce possible simplement avec l'imagination ? La vidéo suivante présente Marcus Lewis qui se fait tatouer sous hypnose sans douleur, sans conscience et sans saignement. Est-ce possible avec la seule imagination ?

 

https://youtu.be/WnfMgCGMzlQ

 

Il est peut-être possible de simplement imaginer ces effets et de les faire se produire, mais - de même qu'avec le pendule - le processus demanderait des efforts et de l'attention, et ne serait pas ressenti comme involontaire. Quelque chose d'autre que l'imagination quotidienne est clairement requis, et c'est le sens de l'automaticité ou de l'involontariat.

 

 

Bref récapitulatif

 

A ce stade, je crois qu'il est utile de récapituler brièvement ce que l'on sait :

 

Imagination :

 

- L'imagerie de fin est significativement associée aux réponses subjectives à la suggestion (Comey et Kirsch, 1999)

 

- L'imagerie de fin peut causer des réponses comportementales similaires aux réponses hypnotiques, mais sans le sens d'involontariat qui est requis (James, 1890, et Arnold, 1946, hypothèse idéomotrice).

 

- Les sujets hautement hypnotisables n'ont pas de plus grandes capacités d'imagination que les autres (Kihlstrom, 2008)

 

- Par conséquent, l'imagerie de fin est une bonne stratégie pour réussir à prendre des suggestions, mais elle n'est pas suffisante, dans la mesure où les résultats de l'imagination quotidienne ne sont pas ressentis comme involontaires

 

Automaticité :

 

- Toutes les pensées et les comportements sont générés automatiquement ; on devient conscient de certains d'entre eux, et à ceux-là nous attribuons généralement l'intention (Kirsch et Lynn, 1997). (cette idée est discutée dans la partie 2)

 

- Les réponses hypnotiques sont définies par leur sensation subjective d'automaticité ou d'involontariat, parce qu'il leur manque le savoir ou le sentiment d'intention. (Kirsch et Lynn, 1997)

 

Nous sommes des automates affublés d'une illusion continuelle de conscience et d'agentivité. Peu importe à quel point vous avez l'impression d'avoir le contrôle conscient, vous ne l'avez pas - c'est juste une illusion créée par votre cerveau automatique. Altérez cette illusion, et les actions vont être perçues comme si elles étaient involontaires et qu'elles se produisaient automatiquement.

 

Pendant qu'on imagine l'effet de la suggestion, il ne s'agit pas de créer le sentiment d'involontariat - parce qu'en fait tout est involontaire - mais il s'agit d'enlever le sentiment d'intention qui a été attribué à notre action.

 

 

Le cerveau automatique

 

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Voici notre modèle simple du cerveau automatique. Sur le graphique, la partie verte/jaune représente essentiellement le cerveau ; et la partie blanche est le corps. La conscience, la partie jaune, est générée automatiquement par le cerveau.

 

Le cerveau sent l'environnement grâce à nos sens ; il génère une réalité imaginée basée, d'une part, sur ce qu'il connaissait déjà, et d'autre part sur ce qu'il a perçu ; il génère ensuite une conscience de cette réalité, en y incluant les pensées automatiques sur cette réalité ; il ressent les effets de la conscience que nous avons de cette réalité imaginée, ce qui inclut les visions, sons et sensations imaginés ; et, en combinant les données avec les véritables sens, il produit une action sous la forme d'un mouvement musculaire, d'une production d'hormones et d'émotions, en faisant correspondre à ces stimuli la réponse la plus appropriée.

 

Cela se produit continuellement et rapidement et, parce que notre conscience n'a accès qu'à la réalité imaginée, nous sommes largement (complètement ?) inconscient de ce qui se passe.

 

La « barrière amnésique » permanente nous empêche d'accéder à nos véritables processus de pensée et à nos fonctions cérébrales, étant donné que celles-ci se tiennent littéralement en-dehors de notre réalité ; au lieu de cela, nous fabulons ou nous devinons les raisons pour lesquelles nous agissons ou nous pensons de telle ou telle manière - à partir des informations qui nous sont accessibles depuis notre réalité imaginée.

 

 

L'imagination automatique

 

L'intuition qui a été celle d'Ant et moi, à laquelle je me suis référée dans l'ouverture de cette partie, était que si l'imagination quotidienne peut créer de la réalité, quoiqu'on sache qu'on est en train de l'imaginer, alors on devrait être capable d'utiliser le même mécanisme (l'imagination) pour créer une réalité dans laquelle nous serions inconscient du fait qu'on est en train d'imaginer !

 

En d'autres termes, il s'agit d'utiliser l'imagination pour créer l'effet, puis d'utiliser à nouveau l'imagination pour couvrir le fait qu'on sait qu'on est en train d'imaginer l'effet. Cela devrait nous donner l'impression d'expérimenter l'effet comme s'il était réel, tout en étant inconscient du fait qu'on est en train de l'imaginer, et donc incapable de l'arrêter, et d'en faire l'expérience comme quelque chose qui se produirait automatiquement.

 

Cela peut être délicat à expliquer, alors je vais essayer à nouveau. Si nous imaginons que notre main est collée à la table, alors tant qu'on continue à l'imaginer, nous serons incapable de soulever notre main ; nous saurons pourtant qu'on est en train de l'imaginer, et que nous pouvons arrêter de l'imaginer dès qu'on le désire, en un battement de cil - il suffit pour cela d'avoir besoin de notre main pour autre chose. Pourtant, tant qu'on continue d'imaginer qu'elle est collée, elle devrait rester collée (en raison de l'hypothèse idéomotrice).

 

Alors qu'on est en train d'imaginer qu'elle est collée, si nous imaginons également qu'on ne sait pas qu'on est en train d'imaginer qu'elle est collée, comme si tout cela arrivait par soi-même, alors on devrait faire l'expérience de la main collée sans savoir comment c'est arrivé, et donc sans avoir aucun moyen de l'annuler.

 

Exactement ! Il faut être bien farfelu pour mettre au point une idée pareille, n'est-ce pas ? Eh bien, c'était initialement une blague ; c'était simplement l'application d'une pseudo-logique aux résultats scientifiques dont on avait pris connaissance. Nous ne nous attendions pas à ce que ça fonctionne ; c'était juste un peu d'amusement. Pourtant, nous avons fini par jouer avec l'idée ce soir-là, et elle a fonctionné pour nous.

 

Aucun de nous deux n'avait auparavant répondu de façon particulièrement haute avant cela - nous pouvions tous deux réaliser des lévitations de bras et je pouvais avoir des catalepsies, mais pas beaucoup plus - pourtant, cette nuit, j'ai eu une amnésie de mon nom et Ant a halluciné que sa main se transformait en un ballon sculpté. J'ai expliqué le processus à Marcus au téléphone le jour suivant et il l'a testé avec un autre sujet dont les réponses étaient basses, et il a réussi les mêmes types de phénomènes avec lui.

 

Le format de ces sessions ressemblait à une conversation normale, dans laquelle l'hypnotiseur posait simplement une série de questions et donnait des instructions claires, tandis que le sujet restait éveillé et parfaitement en alerte tout du long. « Pouvez-vous imaginer que votre main est collée sur la table ? » - « Pouvez-vous continuer d'imaginer cela, et imaginer également que vous n'êtes pas conscient que vous êtes en train de l'imaginer, comme si ça arrivait par lui-même ? »

 

En supposant que l'effet idéomoteur puisse être généralisé jusqu'à inclure tous les phénomènes, le même processus peut être utilisé pour réaliser n'importe quel phénomène hypnotique. La théorie suggère la chose suivante : tant que le sujet peut imaginer le scénario (et le fait qu'il se produise de façon automatique), alors tous les phénomènes sont aussi probables les uns que les autres. On peut s'en rendre compte quand on voit comment Ant, Marcus et moi avons chacun utilisé des approches légèrement différentes.

 

Je préfère m'en tenir au style conversationnel et questionnant, dans lequel je me contente de poser des questions et de modifier ce que je leur demande d'imaginer en fonction de leurs réponses ; je commence avec une main collée, puis une lévitation de bras avec un rire, et je poursuis avec une amnésie. Marcus utilise une structure similaire mais instruit directement le sujet d'imaginer, au lieu de lui demander s'il arrive à imaginer ; Marcus commence habituellement avec une main collée, puis saute directement à l'amnésie - bien qu'il puisse occasionnellement commencer avec l'amnésie.

 

Généralement, Anthony reste plus proche de la structure décrite dans Reality is Plastic et The Trilby Connection, mais il a maintenant noué son langage avec les instructions de l'Automatic Imagination ; ou alors, à l'inverse, il lui arrive fréquemment de commencer avec une hallucination visuelle et puis de partir à partir de là vers d'autres phénomènes.

 

Nos expériences avec l'Automatic Imagination suggèrent l'idée suivante : une fois que les sujets ont compris ce qui était attendu d'eux, ils trouvent ça d'habitude assez facile et sont par conséquent surpris de l'effet qu'ils arrivent à produire. Une fois que leur imagination devient automatique - qu'ils ne sont plus conscients de fait qu'ils sont en train d'imaginer l'effet - ils affichent leur perplexité face à la façon dont les effets se sont produits, et ne peuvent apparemment pas les annuler.

 

Nous comparons souvent ça au fait de descendre si loin dans les profondeurs qu'il vous est impossible de retrouver votre chemin vers la surface. Il semble que les sujets soient incapables de connecter leur conscience d'imaginer qu'ils ne sont pas conscients qu'ils imaginent (vous me suivez?) à l'effet qu'ils ont produit grâce à leur imagination initiale.

 

Quoi qu'ils imaginent - des fées en train de danser, que tout ce qui se trouve dans leurs poches m'appartient, qu'ils sont incapables de se rappeler leur prénom -, cette imagination persiste sans aucune conscience de l'effort ou du processus qui est train de le produire, et sans conscience de la façon dont ils pourraient l'arrêter, ce qui fait que les effets sont perçus comme automatiques et involontaires. Généralement, le public est surpris en voyant le peu que nous semblons faire pour causer ces effets qui imitent les phénomènes hypnotiques sous toutes leurs caractéristiques.

 

 

Les rappels à la réalité (Reminders of Reality)

 

Dans certains cas, le sujet va imaginer comme demandé, mais il va lui rester certains fragments de savoir qui lui indiquent que l'effet n'est pas réel ; nous appelons « rappels à la réalité » (reminders of reality) ces fragments de savoir. Quand nos yeux sont ouverts (et c'est de cette façon que beaucoup d'entre nos sujets font l'expérience de l'AI), nous avons beaucoup de rappels à la réalité. Le simple fait de voir notre main devrait normalement nous rappeler que nous avons (ou que nous croyons avoir) le pouvoir sur celle-ci - que si nous voulons la bouger, nous le pouvons.

 

Dans un contexte hypnotique classique, ces rappels à la réalité seraient des menaces pour nos suggestions, et pourraient faire en sorte qu'elles échouent irrévocablement. Avec l'AI, pourtant, nous pouvons agir sur ces rappels pour en supprimer les effets.

 

Premièrement, toutefois, je voudrais parler des pensées de niveau supérieur (higher-order thoughts, HOTs) et de la Théorie du Contrôle Froid (Cold Control Theory, Barnier et al., 2008). Il existe une théorie selon laquelle nous avons des pensées d'ordre inférieur et des pensées d'ordre supérieur. Les pensées d'ordre inférieur sont celles dont nous ne sommes pas conscients, qui correspondent à la façon dont nous sentons effectivement notre environnement et dont nous construisons notre conscience ; les pensées d'ordre supérieur sont les pensées dont nous devenons conscients, ce qui inclut les pensées à propos de notre conscience.

 

La Cold Control Theory est une théorie de l'hypnose basée sur l'absence des HOTs (pensées d'ordre supérieur). Comme le disent Barnier et al., « le contrôle froid désigne le contrôle exécutif sans les HOTs appropriés » et « la réponse hypnotique n'implique pas de changements dans les représentations de premier ordre (les intentions peuvent fonctionner de façon normale), mais un changement dans un type spécifique de représentation de second ordre - la conscience de l'intention. »

 

Ceci implique que l'hypnose cause un changement dans les pensées que nous avons consciemment, plutôt que quoi que ce soit de spécial qui arriverait au reste du cerveau. Bien que tout cela s'aligne sur nos idées, la théorie du contrôle froid ne fournit aucun mécanisme pour causer des changements dans les HOTs - aucun, en tout cas, qui ne diffère de ceux qui sont fournis dans les procédures de modification de la suggestibilité (comme le CSTP - voir partie 2).

 

Comme le disent Barnier et al., « le changement implique d'éviter les HOTs adéquats (accurate : les HOTs qui nous ramènent à la réalité de la situation), et également d'entretenir les HOTs inadéquats (ceux qui biaisent la perception de la réalité et participent à l'expérience hypnotique). » Si nous appliquons cela aux rappels à la réalité, alors on peut voir que tous nos rappels doivent être des HOTs, parce qu'ils se situent dans la conscience (seules les pensées d'ordre inférieur se situe hors de la conscience). La théorie du contrôle froid est une manipulation de ces HOTs pour altérer notre conscience de nos intentions.

 

En appliquant les idées de l'AI relatives à l'imagination, nous demandons simplement au sujet s'il peut imaginer la même chose, mais cette fois d'imaginer aussi que ses rappels ne sont plus présents, ou qu'il ne les remarquera pas, ou que ça n'affectera pas le processus. Cette approche peut être répétée autant de fois qu'il y a de rappels dont le sujet prend conscience, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de rappels et que l'effet fonctionne.

 

Une autre façon de s'attaquer aux HOTs adéquats et obstructifs est d'utiliser l'émotion contre eux. Le neurosciences suggèrent que nos émotions affectent la façon dont nous pensons (pour un passage en revue, voir Dolcos et al., 2011). Le modèle des Human Givens suggère que de hauts niveaux d'émotion produisent ce qu'ils appellent « de la pensée en noir et blanc ». C'est là où des niveaux extrêmes d'émotion causent des façons extrêmes de penser, avec des contenus émotionnels tout aussi extrêmes.

 

Une personne phobique, quand elle est mise en présence de son stimulus phobique, serait un bon exemple : dans cet état d'émotion, tout ce qu'elle veut faire c'est mettre un terme à la situation et éviter le stimulus aussi vite que possible, aussi irrationnelle que ça la fasse apparaître. Il est aussi possible qu'elle crie pendant le processus. Les HOTs qui déterminent son comportement sont extrêmes et spécifiquement adéquats aux dangers immédiats perçus.

 

Alors que nous cherchions en vain de la littérature universitaire qui étudierait l'existence d'un lien entre les niveaux d'émotion et la réponse à la suggestion, nous avons trouvé une étude qui montre que l'administration de protoxyde d'azote augmente la réponse à la suggestion (Whalley et Brooks, 2008). Les auteurs ne peuvent pas exclure la possibilité que l'augmentation de la réponse soit due aux effets émotionnels du produit, plutôt qu'à un effet chimique spécifique, et suggèrent des recherches complémentaires.

 

Alors qu'ils passent en revue les effets d'autres produits sur la réponse à la suggestion, ils notent : « le fait qu'il ait été démontré que la suggestibilité est affectée par un éventail aussi large de produits dotés de propriétés pharmacologiques variables constitue un argument pour l'existence d'un effet non-spécifique des produits sur la suggestion ». Cette observation pourrait appuyer l'idée selon laquelle l'augmentation dans la réponse serait due à un effet courant du produit, comme la présence d'une émotion causée par les effets psychologiques des produits, plutôt que par les compositions chimiques des produits.

 

Notre vérification informelle a montré que si les sujets manifestent une émotion (excités ou en train de rire, par exemple) alors nos résultats s'améliorent de façon significative ; c'est une des raisons pour lesquelles on essaie d'habitude de faire rire nos sujets assez tôt pendant nos routines. Nous suggérons que des niveaux d'émotion supérieurs changent la signification des HOTs, et il est possible que ces niveaux supérieurs d'émotion fassent en sorte que les HOTs dotés de la valeur émotionnelle la plus grande deviennent plus importants pour nous, et que ceux de valeur émotionnelle moindre deviennent moins importants.

 

Dans un contexte hypnotique, le HOT selon lequel « l'hypnose n'existe pas vraiment ou ne fait pas sens, donc il est peu probable que tout ceci fonctionne » est une pensée tout à fait rationnelle et peu chargée émotionnellement, alors que le HOT de « est-ce que ça va fonctionner ? » a bien plus de valeur émotionnelle, dans la mesure où il pourrait conduire à des situations nouvelles et stimulantes. Notre suggestion est que lorsqu'on fonctionne sur un mode émotionnel, le HOT « est-ce que ça va fonctionner ? » prend beaucoup plus de poids et le HOT « ça ne va pas fonctionner » disparaît dans l'obscurité. Le résultat est similaire à ce qui se passe quand on supprime dans son imagination les rappels à la réalité ; l'effet fonctionne et les obstructions semblent disparaître.

 

 

La Suggestion Tueuse de Transe (The Trance Killer Suggestion)

 

La suggestion tueuse de transe est l'inverse du processus d'Imagination Automatique. Elle tient en ceci : « c'est juste ton imagination ; tu peux arrêter d'imaginer tout ça dès que tu le désires, n'est-ce pas ? » Cette suggestion qui tient en une phrase unique fournit au sujet la conscience qu'il est en fait en train d'imaginer les effets et qu'il a également le contrôle sur ce processus, et qu'il peut donc simplement l'arrêter. Cette phrase a toujours réussi à mettre instantanément fin à n'importe quelle session d'AI ; les mains ne sont plus collées, l'information qui était amnésique revient, et les fées qui dansaient s'évanouissent.

 

Nous avons également utilisé la suggestion Tueuse de Transe dans des sessions d'hypnose conduites avec l'approche traditionnelle (inductions et suggestions). De même, on est encore en train d'attendre qu'elle échoue, puisqu'elle a toujours réussi à mettre fin à la transe ou à l'état supposé, et à annuler toutes les suggestions. Nous ne sommes pas convaincus que ça soit nécessairement une bonne façon de terminer une session traditionnelle d'hypnose qui ait fait recours à la suggestion de « dormir », particulièrement si elle a impliqué de longues périodes « en transe ».

 

Nous nous inquiétons du fait que si vous imaginez être endormi pendant 45 minutes, certains changements physiologiques pourraient en résulter. La suggestion « réveillez-vous ! » pourrait aider à renverser ces effets. Bien que la tueuse de transe mette fin aux suggestions et à la session, il est possible que les suggestions positives et énergisantes impliquées par un processus traditionnel de réveil soient profitables au sujet.

 

En termes de versatilité, la tueuse de transe peut être suggérée par n'importe qui d'autre que l'hypnotiseur, ce qui met un terme à l'idée selon laquelle il existerait une relation hypnotique exclusive entre l'hypnotiseur et le sujet. Pour l'instant, nous n'avons vu que des hypnotiseurs suggérer cette phrase ; quand nous l'avons donnée, nous l'avons fait avec toute la directivité et toute l'autorité dont nous étions capables. Une fois, pourtant, j'ai chanté cette suggestion à travers un bar d'hôtel affairé et bruyant dans un quartier branché du East End, pendant que j'étais en train de m'éloigner du sujet, qui était au milieu d'une session avec Marcus - et ça a quand même marché.

 

Ce que ça implique, à notre avis, c'est la chose suivante : l'hypnose traditionnelle peut n'être en fait qu'une construction sociale qui met en marche les processus de l'imagination automatique. Nous pensons que lorsqu'un sujet prend une suggestion, il est en fait en train d'imaginer le but de la suggestion et également en train d'imaginer que le processus se fera de façon automatique. Si on lui a commandé de « dormir ! », alors nous pensons qu'il est en train de s'imaginer dormir ; s'il lui a été suggéré qu'il « tomberait en transe », alors nous pensons qu'il est en train d'imaginer qu'il est en transe.

 

Corrélativement, nous pouvons voir comment les attentes des sujets interagissent avec le succès qu'ils connaîtront quand ils essayeront d'imaginer les effets des suggestions ; s'ils peuvent littéralement l'imaginer arriver alors la suggestion peut fonctionner, sinon elle ne fonctionnera pas. Nous pouvons également voir le rôle que joue la modification de la suggestibilité ; c'est simplement une procédure au cours de laquelle on enseigne au sujet comment interpréter les suggestions, de telle sorte qu'ils fassent automatiquement les bonnes choses quand ils sont hypnotisés - plutôt que rien, ou plutôt qu'ils fassent les mauvaises choses.

 

La suggestion tueuse de transe a été nommée ainsi, non seulement parce qu'elle met fin aux sessions d'hypnose, mais parce que pour nous elle a définitivement tué toute notion de transe en tant qu'état spécial ou processus spécial. Même le fait de l'appeler une « suggestion » est ironique. Comme l'a suggéré Barry Thain à la conférence sur l'hypnose « change | phenomena » (2012), si la tueuse de transe n'était qu'une autre suggestion (en supposant qu'un processus spécial ou qu'un état hypnotique existe, et que l'hypnose repose sur ceux-ci), alors ça supprimerait - au moins pour nous - la notion de transe en tant que processus spécial ou état spécial, et c'est ce que je vais essayer d'expliquer.

 

D'une part, on suppose que l'hypnose repose sur un processus spécial, un état spécial ou une transe qui seraient initiés par une induction et terminés par une enduction (une sortie d'hypnose, c'est-à-dire un réveil), à l'intérieur duquel les suggestions hypnotiques pourraient être données. D'autre part, on doit supposer que le sujet interprète la tueuse de transe comme une suggestion qui lui demande de recadrer l'intégralité de la session hypnotique, pour n'en faire qu'un exercice de son imagination quotidienne - un exercice qu'il peut arrêter quand il le désire. Au vu de ces deux points, on devrait au moins conclure que ce processus spécial, cet état spécial ou cette transe est assurément très fragile (si on peut y mettre fin aussi facilement), ce qui remet en question les notions de fixation de l'attention, de relation hypnotique, de profondeur. Ou alors, on devrait conclure que le sujet reste dans cet état - avec la suggestion que toutes les suggestions sont annulées (y compris la suggestion qu'il est dans cet état) - mais maintenant sans aucune conscience du fait qu'il est toujours dans l'état, et qu'il le confond avec l'état « normal » et non-hypnotique.

 

L'idée selon laquelle les sujets seraient toujours hypnotisés peut être remise en question (si l'état ne peut pas être distingué de l'état normal, alors en quoi est-ce un état?), ce qui nous laisse conclure que la tueuse de transe est au moins une enduction. En tant qu'enduction, sa formulation est intéressante au sens où elle ne mentionne pas le fait de se « réveiller ».

 

Nous avons du mal à voir comment, avec une simple instruction à propos de l'imagination, on pourrait mettre fin à un processus spécial, automatique et physiologique - à moins que ce processus physiologique ne soit lui-même que l'effet de l'imagination automatique. En ce sens, nous pensons que la tueuse de transe tue la transe, de quelque façon que vous la conceviez - à moins que vous n'acceptiez déjà que la transe est un effet de la suggestion, et non un prérequis pour l'hypnose, à l'intérieur duquel les suggestions pourraient être prises.

 

En résumé, nous pensons la chose suivante : l'effet que la suggestion tueuse de transe a sur l'hypnose traditionnelle implique que l'hypnose traditionnelle ne soit qu'une forme oblique de l'imagination automatique. En la dépouillant des rituels, et en remplaçant les suggestions avec des instructions d'imaginer, nous pensons que nous pouvons créer d'authentiques phénomènes hypnotiques chez un plus grand nombre de sujets, et que nous pouvons obtenir plus de phénomènes hypnotiques pour chaque sujet.

 

 

Résultats à ce jour

 

Au moment de l'écriture de cet article (juin 2012) nous avons testé l'Automatic Imagination Model sur à peu près 200 sujets dans des situations informelles, souvent pendant des performances ou des formations. Si l'on veut bien excuser notre biais de confirmation, nous avons observé que 95% des sujets auto-désignés pouvaient réaliser une suggestion de défi, comme une main collée, et 90% pouvaient réaliser une amnésie. Traditionnellement, les chiffres attendus seraient plus proches de 52% et 23% (Kirsch et al., 1995).

 

Dans une étude informelle que nous avons menée en 2011, nous avons essayé de développer une approche standardisée qui rendrait possible une expérimentation. Nous avons testé l'AI avec 23 sujets, et nous avons observé que 19 d'entre eux (83%) avaient réussi la suggestion physique de défi, mais que seulement 6 (26%) avaient réussi la suggestion d'amnésie.

 

Tous ces 6, pourtant, étaient dans le groupe final des 8 sujets qui avaient reçu une version modifiée du processus, cette version incluant une composante destinée à augmenter les niveaux d'émotion juste avant la suggestion d'amnésie. En toute rigueur, il ne s'agissait pas, avec cette petite étude informelle, de produire des résultats fiables, mais plutôt de développer le processus de sorte qu'il puisse être donné sous une forme standardisée et, quand même, produire les résultats que nous constations informellement à l'extérieur du laboratoire.

 

Nous avons l'intention de prendre la version finale du processus, et de la tester en parallèle du SHSS:C sur des groupes aléatoires de sujets volontaires. Développer cette expérience a pris bien plus de temps et d'efforts que ce que nous avions d'abord anticipé, mais nous sentons maintenant que nous serons bientôt en mesure de conduire un essai formel.

 

 

En conclusion

 

Même si nos résultats informels s'avèrent faussés par notre biais de confirmation et par une piètre méthodologie expérimentale - et qu'en fait l'AI n'est pas plus puissant que les approches traditionnelles de l'hypnose - notre intuition ridicule lors d'un voyage en voiture aura quand même donné naissance à une méthode d'hypnose non-inductive qui marche sur les sujets qui ne répondent pas aux approches traditionnelles ; et elle nous aura quand même laissé avec la suggestion tueuse de transe, qui semble nous permettre de terminer n'importe quelle session d'hypnose.

 

En revanche, si comme nous l'espérons l'AI est bien plus puissante que l'approche traditionnelle, alors nous espérons que tous les hypnotiseurs s'y intéresseront et que, ensemble, nous arrivions grâce à l'hypnose à faire danser beaucoup plus de personnes comme Beyonce.

 

J'espère que vous avez pris plaisir à lire ces articles, qu'ils étaient facilement compréhensibles, et que vous ne pensez pas que je vous ai fait perdre votre temps avec des détails sans importance. A Head Hacking, nous sommes passionnés par l'hypnose, et à Head Hacking Research, nous sommes passionnés par la question de savoir comment elle fonctionne. Quand bien même nous serions totalement à côté de plaque, nous avons assurément apprécié le voyage, et nous avons maintenant l'impression d'en savoir beaucoup plus sur l'hypnose que lorsque nous avons commencé. J'espère que c'est également le cas pour vous.

 

Je vous invite à consulter nos programmes de formation à http://www.headhacking.com/training et à nous suivre sur Twitter @headhackinglive. Le CD audio Ripped Apart, qui explique le voyage qui a été le nôtre pendant que nous développions l'Automatic Imagination Model, est disponible à http://www.headhacking.com/products - c'est une affaire !

 

Kev Sheldrake, Hypnotiseur

Head Hacking

 

 

Réferences

 

Barry Thain, mindsci-clinic.com

Human Givens, hgi.org.uk

1890, James, W, Principles of psychology (Vols. 1-2). New York: Holt

1946, Arnold, M. B, On the mechanism of suggestion and hypnosis

1995, Irving Kirsch, Christopher E. Silva, Gail Comey and Steven Reed, A spectral analysis of cognitive and personality variables in hypnosis: Empirical disconfirmation of the two-factor model of hypnotic responding

1997, Irving Kirsch and Stephen Jay Lynn, Hypnotic involuntariness and the automaticity of everyday life

1999, Gail Comey & Irving Kirsch, Intentional and spontaneous imagery in hypnosis: The phenomenology of hypnotic responding

2006, Amir Raz, Irving Kirsch, Jessica Pollard, and Yael Nitkin-Kaner, Suggestion Reduces the Stroop Effect

2008, John F. Kihlstrom, The domain of hypnosis, revisited (in Nash and Barnier, Oxford Handbook of Hypnosis)

2008, Amanda J. Barnier, Zoltan Dienes & Chris J. Mitchell, How hypnosis happens: new cognitive theories of hypnotic responding (in Nash and Barnier, Oxford Handbook of Hypnosis)

2008, Matthew G. Whalley and Gabby B. Brooks, Enhancement of suggestibility and imaginative ability with nitrous oxide

2011, Florin Dolcos, Alexandru D. Iordan and Sanda Dolcos, Neural correlates of emotion-cognition interactions: A review of evidence from brain imaging investigations

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Merci pour cette traduction (ter)

Franchement c'est super intéressant il faudra vraiment que je teste cette approche ^^

Les coquilles que j'ai repéré dans cette dernière partie:

 

...La différence ne tient pas dans la qualité de l'imagination, mais dans la façon dont elle est perçue...

 

...En d'autres termes, faire quelque chose qui n'est pas nécessaire au bon fonctionnement de la suggestion (imaginer les GDFs) réduit l'énergie cérébrale disponible pour la tâche qui consiste à faire fonctionner la suggestion (quelle que soit la nature de cette tâche)....

 

...Pouvez-vous imaginer  que votre main est collée sur la table ?...

 

...D'une part, on suppose que l'hypnose repose sur un processus spécial, un état spécial ou une transe qui seraient initiés par une induction et terminés par une enduction...

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Merci pour ces corrections poulet !   :wub:

 Y a pas de quoi, c'était naturel d'apporter ma modeste contribution à cette chouette traduction.

L'article est super et très compréhensible, même pour un profane comme moi.

Mon seul petit regret est de  ne pas y trouver plus d'exemples de suggestions utilisées dans ce modèle.

Si ca n'est pas abuser, pourrais tu nous donner des exemples des suggestions que toi tu utilise dans ce cadre ou un compte rendu d'une séance de street qui serait basée sur ce modèle ?

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Sous sa forme la plus simple, comme tu l'as sans doute compris, l'AIM consister à transformer toute suggestion en une double suggestion :

- la première suggestion demande au sujet d'imaginer l'effet hypnotique désiré

- la seconde suggestion lui demande d'imaginer que la première n'a pas été imaginée, mais qu'elle est en fait réelle

 

Typiquement, ça va prendre la forme suivante : "tiens, si tu imagines que ta main est collée, tu peux la décoller n'est-ce pas ? parce que tu sais que tu es simplement en train de l'imaginer. (je décolle ma main ; par synchronisation, l'autre décolle la sienne aussi). Bien, maintenant imagine comment ça ferait si tu imaginais que tu n'es même pas en train de l'imaginer, mais que REELLEMENT, aussi fort que tu essayes, il t'est impossible de séparer ta main. Parfaitement impossible. Et plus tu essayes, moins tu y arrives."

 

Une démonstration en anglais par Marcus Lewis ici :

 

 

Aussi étonnant que ça semble, il est probable que ça fonctionne. Après, on peut étoffer cette suggestion : on peut attirer l'attention du volontaire sur les réactions corporelles qui sont liées à l'impossibilité d'ouvrir les mains (les poignets, les muscles des bras et des avant-bras se tendent).

 

Je n'ai pas encore assez testé ce modèle pour le compléter correctement. Certains sujets échouent à réaliser la suggestion, sans doute parce que l'instruction d'imaginer n'a pas enclenché les bons processus cognitifs pour eux. Mon hypothèse est que le contexte social incite certains sujets à déjà se projeter dans une disposition cognitive et comportementale particulière, intuitivement et sans instructions, ce qui leur permet de bien cadrer leur effort d'imagination. Peut-être qu'en explicitant le cadre attendu, il serait possible d'amener n'importe qui à comprendre les stratégies cognitives adéquates... Je suis en train de travailler sur tout ça.

 

En tout cas, il me semble qu'un acquis de l'AIM c'est de mettre un coup d'épée dans la notion de transe. Si des phénomènes hypnotiques peuvent être obtenus sans aucune induction, il n'y a que deux possibilités : soit on dit que les sujets n'étaient pas en transe, auquel cas aucun état particulier n'est requis pour la réalisation des phénomènes. Soit on dit que les sujets étaient déjà en transe, auquel cas il faut conclure que la transe est indépendante des inductions, autrement dit qu'elle existe indépendamment des processus hypnotiques. Il serait alors absurde de distinguer un état de transe et un état "normal", ce qui signifierait que la notion de transe (en tant qu'état particulier) n'aurait aucun sens.

 

Bon. J'ai plein d'idées à travailler, je vous informe dès que j'obtiens quelque chose d'intéressant. Work in progress !

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Un truc possible, c'est de dire au volontaire qu'on va commencer avec un tour de magie, et on embraye avec l'AIM. Si ça marche pas, dire quelque chose comme : "bon, d'accord, en magie je suis pas terrible, alors maintenant on va faire de l'hypnose", et repartir sur une séance classique.

 

(Mais bien sûr si l'AIM "marche pas", ça veut peut-être dire qu'on n'a pas trouvé la bonne façon de le faire marcher)

 

Fais-nous remonter tes conclusions, si tu veux bien ! 

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Merci pour la traduction. Cela a du te prendre pas mal de temps.

En tout cas, il me semble qu'un acquis de l'AIM c'est de mettre un coup d'épée dans la notion de transe. Si des phénomènes hypnotiques peuvent être obtenus sans aucune induction, il n'y a que deux possibilités : soit on dit que les sujets n'étaient pas en transe, auquel cas aucun état particulier n'est requis pour la réalisation des phénomènes. Soit on dit que les sujets étaient déjà en transe, auquel cas il faut conclure que la transe est indépendante des inductions, autrement dit qu'elle existe indépendamment des processus hypnotiques. Il serait alors absurde de distinguer un état de transe et un état "normal", ce qui signifierait que la notion de transe (en tant qu'état particulier) n'aurait aucun sens.

 

Ton raisonnement omet que la suggestion pourrait amener la transe.

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Ton raisonnement omet que la suggestion pourrait amener la transe.

 

C'est ce que semble dire Anthony Jacquin sur le groupe Hypnose Facebook en effet :

 

Je cite :

"Sleep, trance, depth and therefore any effort to change state or deepen is not fundamental to hypnosis. All of the above are suggested effect, not a prequel to giving suggestions."

 

Que je traduirait par :

"Le sommeil, la transe, la profondeur de transe et tout ce qui est associé au changement d'état de conscience et son approfondissement ne sont pas des éléments fondamentales de l'hypnose.

Tous ces éléments sont des effets suggérés, et pas un pré-requis aux suggestions."

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C'est ce que semble dire Anthony Jacquin sur le groupe Hypnose Facebook en effet :

 

Je cite :

"Sleep, trance, depth and therefore any effort to change state or deepen is not fundamental to hypnosis. All of the above are suggested effect, not a prequel to giving suggestions."

 

Que je traduirait par :

"Le sommeil, la transe, la profondeur de transe et tout ce qui est associé au changement d'état de conscience et son approfondissement ne sont pas des éléments fondamentales de l'hypnose.

Tous ces éléments sont des effets suggérés, et pas un pré-requis aux suggestions."

 

Oui, exactement. Il s'agit de savoir si un état de transe existe, c'est-à-dire, précisément, quelque chose de spécifiquement différent d'une simple suggestion.

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Alors pour mon expérience de ce WE. Je dirai pas mal mais peu mieux faire. Le fait de procéder d'une autre façon donne un autre relief aux séances. Sur trois volontaires les trois sont partis bien loin, malgré tout je doute que ce soit l'AIM qui soit à l'origine de cela.

Je manque de recul mais j'ai plus la sensation que l'engagement de l'hypno dans une nouvelle méthode amène une autre forme de conviction.

La formulation des suggestions me parait très directe, et même si cela s'est avéré efficace, cela me laisse perplexe de demander à quelqu'un d'imaginer qu'il n'imagine pas.

 

Je vais continuer et testerai avec des volontaires qui répondent mal à ma façon de faire habituelle. Je serai peut-être surpris.

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Je dirai pas mal mais peu mieux faire.

 

Je te trouve un peu dur : trois succès sur trois tentatives, avec des volontaires qui partent "bien loin", je sais pas ce que tu aurais pu demander de plus...

 

 

 

Je manque de recul mais j'ai plus la sensation que l'engagement de l'hypno dans une nouvelle méthode amène une autre forme de conviction.

 

Avec ou sans l'AIM, la conviction de l'hypnotiseur est sans doute très importante, mais celle-ci n'est qu'une forme de suggestion parmi d'autres. C'est parfaitement cohérent avec le modèle !

 

 

 

Cela me laisse perplexe de demander à quelqu'un d'imaginer qu'il n'imagine pas

 

Peux-tu élaborer ?

 

-----

 

En tout cas merci pour ce CR, qui (pour ma part) me semble prometteur !

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@Iago.

 

Tu dit prometteur je dit biaisé complètement par le manque de données. Trois volontaire ce n'est pas suffisant, il se peu très bien que j'ai eu de la chance, les trois venant du même groupe.

Pour la conviction je me disais juste que cela pouvait expliquer en partie les résultats, mais en effet cela ne remet rien en question.

 

Alors pourquoi perplexe ? Car j'ai du mal à être naturel avec ces suggestions que je peine à formuler de manière satisfaisante.  J'ai vraiment des difficulté à croire en ce que je dit alors que je suggère ce qui, aux yeux d'un volontaire néophyte, parait complètement absurde.

Et comme cela ne colle pas avec mes croyances actuelles (où tout doit être le plus clair et honnête possible) je manque de conviction. Pour autant mon expérience, le fait d'avoir ma carte de thérapeute sur moi etc ..., me donne une certaine crédibilité et qui me permet donc d'avoir ces résultats malgré tout. 

 

Je vais continuer d’expérimenter cela, je vais avoir une belle occasion dans deux semaines. Je vais animer une file d'attente pour un concert, ce sera le moment pour moi de tester sur un grand groupe avec des phénomènes hypnotiques simples tout est essayant de dénombrer le nombres de volontaires tentants l'expérience et de voir combien sont ceux ayant ressenti une catalepsie des mains et ceux parmi eux qui l'auront vécus de façon involontaire.

 

 

Je vous dirai tout si j'arrive à trouver comment valider cela sans avoir 200 complices avec moi pour tester la transe de chaque personne. Le top serait de pouvoir filmer depuis un point haut et de compter ensuite pour le quantitatif.

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Je comprends bien ton ressenti.

 

En même temps, il y a un point qui me paraît important à soulever : c'est un point épistémique, au sens où il concerne la connaissance en général. L'AIM est un modèle, autrement dit, c'est juste une théorie qui cadre une pratique déterminée. Il n'est jamais possible de prouver qu'une théorie est vraie, parce qu'un même fait peut être justifié par de multiples théories différentes. Mais il est possible de dire qu'une théorie est fausse ou incomplète, quand elle est incapable de rendre compte d'un phénomène observé particulier. L'AIM permet de rendre compte des succès de notre "modèle standard" (j'entends par là la compréhension de l'hypnose comme induction d'une transe augmentant la suggestibilité), mais le modèle standard ne permet pas de rendre compte des phénomènes obtenus avec les procédures liées à l'AIM (produire une catalepsie ou une amnésie "à froid" est impensable dans ce cadre conceptuel).

 

Par conséquent, il suffit d'une seule expérience concluante pour dire que le modèle standard est, sinon faux, au moins incomplet. Ca me semble être un acquis très important de ces tentatives.

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Je comprends bien ton ressenti.

 

En même temps, il y a un point qui me paraît important à soulever : c'est un point épistémique, au sens où il concerne la connaissance en général. L'AIM est un modèle, autrement dit, c'est juste une théorie qui cadre une pratique déterminée. Il n'est jamais possible de prouver qu'une théorie est vraie, parce qu'un même fait peut être justifié par de multiples théories différentes. Mais il est possible de dire qu'une théorie est fausse ou incomplète, quand elle est incapable de rendre compte d'un phénomène observé particulier. L'AIM permet de rendre compte des succès de notre "modèle standard" (j'entends par là la compréhension de l'hypnose comme induction d'une transe augmentant la suggestibilité), mais le modèle standard ne permet pas de rendre compte des phénomènes obtenus avec les procédures liées à l'AIM (produire une catalepsie ou une amnésie "à froid" est impensable dans ce cadre conceptuel).

 

Par conséquent, il suffit d'une seule expérience concluante pour dire que le modèle standard est, sinon faux, au moins incomplet. Ca me semble être un acquis très important de ces tentatives.

 

Je vais dire incomplet alors, car une amnésie à froid je l'ai fait plusieurs fois en glissant mes suggestions dans le PT. Bon par contre c'est pas hyper efficace quantitativement, mais pour la personne qui le vie c'est bluffant.

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Incomplet alors. Mais précisément, les choses les plus excitantes me semblent résider dans cette incomplétude :)

C'est ça que j'aime beaucoup avec la démarche de Head Hacking, c'est que ça nous demande de tout repenser, et ça nous permet d'imaginer des façons radicalement différentes de faire de l'hypnose (qui en a bien besoin (avis tout personnel)).

EDIT : par ailleurs, si tu pouvais me décrire la façon dont tu t'y prends pour amener une amnésie dans le pre-talk, ca m'intéresserait beaucoup.

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Alors pour l'amnésie à froid. *Retrousse ses manches et replonge dans ses souvenirs*

 

Mes prérequis (qui dépendent fortement de mes croyances) :

-Une bonne synchro amicale et joyeuse.

-Avoir fait vivre l'entrainement décrit dans l'AIM de façon non explicite (Un bon PT et avoir vu du monde se faire hypnotiser sans que la personne ne se soit déjà portée volontaire)

-"Sentir" le volontaire fortement intéressé et travailler sa frustration (Pour ma part je prétexte de me déplacer dans un endroit plus calme ou plus ensoleillé ou de devoir aller aux toilettes/)

 

A ce stade si MES conditions sont satisfaites, je luis demande d'imaginer ce que cela fait d'oublier un mot et de se souvenir de toutes ces fois ou l'on est incapable de s'en souvenir autrement que par le lâché prise.

Puis je passe à autre chose, expliquant d'autres phénomènes hypnotique, ce que l'on peu voir à la TV ...

Je reviens ensuite sur l'amnésie de façon masquée en proposant au volontaire de se souvenir de la sensation de ne plus savoir que l'on ne sait pas.

De la je part sur la pyramide de l'apprentissage :

 

Stade 1 Inconsciemment incompétent : On ne sait pas que l'on ne sait pas

Stade 2 Consciemment incompétent : On sait que l'on ne sait pas

Stade 3 Consciemment compétent : On sait que l'on sait

Stade 4 Inconsciemment compétent : On ne sait pas que l'on sait  C'est le stade de la maîtrise ou l'on ne comprend même plus pourquoi on y arrive.

 

Puis j'embraye sur la mémoire, "Tu ne sais pas que tu sais ou que tu ne sais pas, quelque soit ce que tu croit savoir ou ne pas savoir, tu le sait car sinon tu ne pourrai pas ne pas savoir que tu ne sais pas, de la même façon que lorsque tu oublie une information tu sais que tu ne peu t'en souvenir comme cela"

 

Puis je demande ensuite de faire comme si le prénom avait disparu dans inconscient incompétent, "tu ne sais pas que tu n'a jamais su".

Quelle heure est-il ? Quel est ton prénom d’ailleurs ? Moi c'est ... ( je donne un autre nom que celui sous lequel je me suis présenté).

 

J'ai eu l'idée en lisant l'article AIM et en faisant le parallèle avec mes cours de sophrologie et un séminaire de motivation.

 

Je n'ai testé que 4 fois, toujours avec ma "grille" de prérequis. J'ai toujours eu un résultat, mais cela peu très bien venir de la sélection que je fait de mes volontaires pour tester cela. 

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Merci Thomas, c'est très intéressant. 

 

D'où sort cette pyramide de l'apprentissage ? Le principe est sympathique, même si dire que "ne pas savoir que l'on sait" représente un progrès par rapport à "savoir que l'on sait" me paraît peu sérieux. (ou alors, il faudrait distinguer "ne pas savoir que l'on sait" et "ne pas savoir comment on sait", ce qui me semble extrêmement différent)

 

Faudrait que je teste avec un bon pre-talk, ça doit être très impressionnant à vivre !

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