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Forum Street Hypnose

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Bonjour à tous, je me présente je m'appelle Julien et bien qu’amateur dans la branche, je m’intéresse à l’hypnose en dilettante depuis une dizaine d’années avec un regain d’intérêt depuis que je suis tombé sur les vidéos de Jean-Emmanuel et que j’ai acheté son livre (dès la première mouture internet).

J’utilise surtout l’autohypnose par laquelle j’ai développé mon « incubateur à angoisse » dont je vous parlerai peut-être un jour et qui me permet de gérer très sainement une bonne part du stress de ma vie active.

Si j’ai voulu écrire ce mot c’est que j’aimerais vous faire part d’une analyse concernant les mécanismes de l’hypnose, car si je ne suis pas Messmer, je crois avoir le talant (et le besoin) d’analyser les mécanismes et de les comprendre (bon je ne suis quand même pas le psychopathe de Héro, juste un biologiste averti ;o).

 

Je vous livre donc mon hypothèse, utilisez-la, détruisez-la, contredisez-la ou améliorez-la à votre guise.

 

Dormez ! (Non je déconne  ;))

 

L’hypnose permet à l’hypnotiseur d’induire un comportement atypique chez l’hypnotisé.

 

Il semble qu’à tout instant l’esprit critique puisse se manifester et contrecarrer la suggestion laissant l’hypnotisé libre de ses actes quand ils sont pour lui choquants. À la lumière de ce qui va suivre, je n’en suis pas certain…

 

Voici l’hypothèse :

 

Nos actes sont commandés par notre esprit, ce dernier se base sur des « images », que l’on pourrait aussi appeler « idées préconçues », que nous avons stockées dans notre subconscient et qui ont été forgées à la lumière de nos expériences passées, ou des idées qui nous ont été léguées par nos parents et nos professeurs…

 

Avant d’être stockées dans la grande « bibliothèque des possibles », elles doivent (ou pas) passer par la douane de notre esprit critique, qui a pour mission de faire la part entre fiction et réalité, ce en quoi on croit et ce en quoi on ne croit pas.

 

Une fois l’image acceptée (et à défaut d’image contraire), elle sera utilisée comme acquis sans plus avoir besoin d’être analysée. C’est un gain de temps énorme pour le cerveau qui ne doit pas systématiquement remettre en question le bien-fondé de chacune de nos actions, aussi insignifiantes soit-elles.

 

Cela explique, par exemple, que certaines images aient pu passer la douane en fraude, dans notre petite enfance, avant que l’esprit critique n’ait eu matière à se positionner. Image dont la répercussion se sent dans nos actes de tous les jours.

 

La peur maladive des timides par exemple, celle de prendre l’ascenseur…   Quelque part dans notre bibliothèque, se trouve l’image d’une cage d’ascenseur broyée, peut-être le vestige d’un fait divers ou d’un mauvais film des années 80, qui empêchent notre cerveau  rationnel et son corp, de monter sans effort malgré une logique et des statistiques rassurantes.

 

Les images nous viennent du monde extérieur, notre esprit critique les compare aux images acquises et fait des recoupements, s’il valide, la nouvelle image rejoint la bibliothèque des possibles qui servira à autoriser nos actions, sinon, l’image est classée dans la "ludothèque de l’imaginaire".

 

Le but de l’hypnose serait donc de faire passer des images en fraude dans la bibliothèque des possibles. Qu’il s’agisse d’images tout à fait pertinentes, mais en opposition avec des images farfelues de notre enfance (déjà dans la bibliothèque), ou d’image farfelue, comme la possibilité d’oublier son prénom ou d’avoir envie de se prendre pour un poulet sur la place du marché.

 

Le premier cas s’apparente plus à l’hypnose thérapeutique (arrêter de fumer…) et la seconde à l’hypnose de spectacle.

 

Pour pousser une image dans la bibliothèque, il faut donc "by-passer"  la sécurité de l’esprit critique.

 

Pour cela, j’ai relevé que l’on utilise au moins quatre méthodes :

  • Le cheval de Troie
  • L’éclipse de Soleil
  • Le coup d’État
  • Le rêve devint réalité.

Pourquoi le « Cheval de Troie » ?

 

L’idée est de faire passer une image qui fera passer toutes les autres, il y est écrit : « Ce que dit l’hypnotiseur est vrai, ça marche, je fais ce qu’il me dit ».

 

Voilà bien une image que l’esprit critique en képi ne laissera jamais passer ! Sauf si de visu, ce que dit l’hypnotiseur est vrai alors qu’on pense que ce ne devrait pas être le cas.

 

C’est ici que les pseudo tests de réceptivités ont toute leur importance, ainsi que les apaisements du type « ce n’est que de la relaxation, c’est juste pour rire, tu resteras conscient, tu ne risques rien, etc. ».

 

On demande au sujet de croiser les doigts des deux mains hormis les index en vis-à-vis que l’on doit tenir écarté. Notre esprit critique pense qu’il n’y a aucun problème à garder cette position ad vitam, et rit déjà de la déculottée que va prendre cet arrogant d’hypnotiseur. Mais c’est faux, la position est très difficile à tenir longtemps, même impossible tant les muscles finiront bien par se fatiguer, et par se rapprocher (c’est d’ailleurs le même procédé qu’utilise la technique de la fixation oculaire….). Si l’hypnotiseur fait mine de les unir par un fil invisible en affirmant qu’au son de sa voix ils se rapprochent, l’esprit critique se doit d’accepter l’image : « Ce que dis l’hypnotiseur est vrai, ça marche, je fais ce qu’il me dit ». Image qui une fois dans la bibliothèque, autorise sans l’aval de l’esprit critique, à faire ce que l’hypnotiseur lui demande !

Le cheval de Troie est dans la place et toutes les suggestions passeront, et de mieux en mieux puisque les actions posées renforcent le message original.

 

Le soir, le corps alourdi de sommeil, vient le temps des rêves, cet extraordinaire "simulateur de vol" qui va nous plonger artificiellement dans des situations similaires à nos préoccupations profondes et nous entraîner à y répondre au mieux.

À ce moment, le cerveau doit avoir les mains libres d’imaginer ce qu’il veut, aussi congédie-t-il pour la nuit notre esprit critique, qui sa serviette sous le bras, rentre se coucher. La routine quoi.

Notre gendarme est ainsi conditionné à rentrer chez lui au coucher du soleil, si bien qu’une éclipse peut parfaitement l’induire en erreur et l’envoyer se coucher en plein après-midi.

 

« Respire profondément, des bras sont lourds, très lourds », autrement dit, fais semblant que tu t’endors, comme ça le gendarme va se coucher.

En lieu et place de ton cerveau, c’est moi qui vais faire passer des images, tout droit rentrées dans la bibliothèque restée ouverte…  

 

Et je claque dans les doigts, et je tire sèchement sur ton bras, et je pousse ta tête en avant… En cas de stress le cerveau mammalien et le cortex humain donnent le contrôle au cerveau reptilien. Crocodile intérieur, responsable des « pétages de plombs » dons les options d’action sont réduites à l’attaque ou la fuite, c’est la loi martiale, l’armée a pris le pouvoir et court-circuite l’autorité de notre gendarme.

 

Un micro coup d’état qui suffit à induire un comportement (en général après l’une des deux autres méthodes).

 

La quatrième méthode s’appuie sur l’étonnante similarité entre les images de notre mémoire et celles de notre imagination, la ludothèque est voisine de la bibliothèque, et par un bon coup de vent il arrive que l’on prenne des vessies pour des lanternes.

 

« Imagine que des ballons soulèvent ton bras tendu… » et le bras se lève, probablement aidé du cheval de Troie : « s’il le dit, c’est vrai », l’image de notre imagination sert de support à notre action en lieu et place de la fiche intitulée « La force de gravité et ses effets ».

 

Je suis pleinement conscient du caractère un peu simpliste et métaphorique de mon raisonnement, mais j’aime les explications simples qui à elles seules expliquent beaucoup de choses, un vestige de mon métier d’enseignant.

 

Je terminerai mon analyse par l’idée que si l’on a fait rentrer un bon cheval de Troie, moult fois renforcé, et si l’on a assez endormi le gendarme qui veille à la porte de la bibliothèque, on devrait pouvoir faire faire à quelqu’un des choses qu’il ne voudrait pas faire normalement, ce qui serait dangereux et malhonnête, d’autant que pour endormir le garde, on a sans doute juré sur la tête de notre mère, qu’au grand jamais nous ne pourrions l’obliger à faire des bêtises.

 

Aussi vrai que l’on peut tuer quelqu’un avec une cuillère à café, comme pour tout, l’outil n’est dangereux que dans les mains d’un Homme dangereux, renforçant ici le mérite d’une philosophie de l’hypnose de rue et du spectacle tellement remarquable dans la démarche du Street hypnose que vous pratiquez.

 

Je remercie ceux et celles qui ont eu le courage de me lire jusqu’ici sans tomber dans une profonde hypnose et je souhaite longue vie aux explorateurs du subconscient et autres hypnotiseurs.  

 

Julien Peetermans.

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Tu soulève là des questions qui ne sont plus du tout de l'ordre du simple débutant. Ce que tu aborde est souvent débattu entre certain(e)s d'entre nous. Et en effet ces croyances qui rendent l'hypnose si sure aux yeux de nos volontaires n'a de valeurs que par ce que nous le projetons au maximum sur eux afin que cela deviennent vrai.

 

Certaines expérimentations (bien que parfois douteuse méthodologiquement) mettent ce que tu avance en relief. Il est donc sain de douter de ce que nous avançons tous comme une évidence (tu ne peu rien faire que tu ne veuille).

Pour autant l'éthique doit nous guider continuellement, aussi je continuerai de projeter cette croyance, cela fait d'elle un superbe fusible. 

 

Toutefois je ne suis pas persuadé que cela soit si facile ni que tout le monde en soit capable (à vivre ou à faire vivre).

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He bien bibi, chapeau bas!

J ai trouvé ta synthèse de l hypnose tout bonnement geniale.

J'ai une question à poser aux hypnotiseurs (en herbe ou plus expérimentés....)

Quelqu'un a t il deja tenté de faire faire a son "volontaire" quelque chose reconnu comme ethiquement incorrect (se déshabiller complètement, signer un cheque......etc ) et cela a t il fonctionné ?

Simple curiosité. ;-)

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Salut Julien,

 

Tes métaphores sont très jolies,elles pourraient se révéler très efficaces en pré talk ou pour lever certaines résistances.

 

Maintenant si on parle de "l'analyse des mécanismes de l'hypnose et de les comprendre" je ne crois pas que le principe de l'eclipse de soleil soit vraiment pertinent.

On ne dort pas en hypnose, le dort c'est juste un signal, un "top" qui permet à certains de lacher prise très vite, c'est un levier comme un autre.

"Dors" peut être remplacé par n'importe quoi ou même carrément supprimé comme lors des séances sans inductions. 

 

Mais ce qui m'intéresse le plus dans ton post c'est le premier présupposé : "Nos actes sont commandés par notre esprit, ce dernier se base sur des « images »."

Alors bien sur il y a une commande qui part du cerveaux vers le corps au travers du système nerveux pour amener une action, un mouvement.

 

Les grosses questions (en tout cas celles que je me pose :) ) c'est :

1) Comment on percoit ces commandes? 

2) A quel moment on les percoit ?

 

La réponse à la première question pourrait être une partie de la définition de l'hypnose.

Pour certains l'hypnose c'est quand quelque chose se passe "tout seul" sans qu'on l'ait demandé.

On voit qqch se passer, un mouvement, un acte,on voit une main qui lévite MAIS on a pas l'impression (consciente) de l'avoir commandé, on a l'impression qu'elle monte toute seule :huh: .

 

D'autre voit l'hypnose comme le fait d'enlever notre illusion/hallucination de commander consciemment et avec notre volonté chacun de nos actes. (un peu tordu de prime abord)

Iago en parle mieux que moi dans sa traduction de l'AIM ainsi que JE sur le blog.

 

Et cela nous amène justement à la deuxième question de quand on les percoit!

Les dernières recherches en neuroscience (voir sur youtube : Peut-on décoder la conscience Stanislas Dehaenne) tendent à prouver qu'il y a un décalage dans le temps entre le moment on une décision est prise dans le cerveaux et le moment (ultérieur) où on a l'impression de prendre cette décision.

 

En gros, pousser à l'extrême et vu d'un seul angle : Le libre examen est une illusion et l'hypnose consiste (notamment) à t'enlever cette illusion.

 

Ca va à l'encontre de beaucoup d'idées sur l'hypnose mais je précise ici que je ne parle pas de projection ou de métaphore mais de mécanisme.

Je trouve que ton post permettait d'en regrouper plusieurs autres et de relancer le débat.

Merci pour ça :) .

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J'aime bien cette analyse. Tout comme toi, j'adore quand c'est résumé simplement et j'ai presque envie de cracher à la face de ceux qui trouvent amusant de sortir 50 mots scientifiques dont je ne suis même pas sûr que eux même savent ce que ces mots veulent dire et tout ça dans le but de prouver qu'ils sont intelligents. La, c'est CLAIRE, c'est CONCIS (du moins à l'échelle des analyses que j'ai déjà pu lire) et c'est CAPTIVANT. Je deteste lire et surtout les longs textes mais le tien était vraiment sympa à lire. C'est comme un livre que t'as pas envie de lire et au final t'arrives pas à t'en défaire. Bref, je plussois.

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Merci à tous pour vos chouettes commentaires... Je suis heureux d'avoir pu partager et exprimer ces modèles qui me travaillent depuis un petit temps et je lis votre participation avec interrêt...

 

Concernant l'éclipse j'ai du mal m'exprimer, je ne parlais absolument pas du mot "dormez" qui est un appel au cheval de troie, mais de l'hypnose qui s'obtient par une mise en relaxation profonde (respirez profondemment, et à chaque respiration vos jambes deviennent lourdes...) qui sans arriver au someil (qui fermerait la Bibliothèque des possible au profit de la ludothèque de l'imaginaire), mime ce dernier et trompe notre gendarme fonctionnaire... C'est la technique que j'utilise pour mon auto-hypnose (agrémentée d'un code pour accelerer le processus).

 

PS: et "mec", oui je suis visuel et indépendemment ce cela, "image" veut aussi dire "immagé", métaphorique, etc.

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