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Forum Street Hypnose

Un trajet habituel, Un voyage grandiose


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13h30, un jeudi midi, direction la fac sur l'habituel trajet, une marche tout ce qu'il y a de plus habituel et ordinaire.

 

Levé il n'y a que 3h, certes, mais plutôt facilement, nuit comme une nôtre, aucune raison apparente pour ce qui va suivre.

 

Je regarde les bâtiments, les rues que j'arpente chaque jour, la végétation, les bruits d'oiseaux et de voiture, le rythme de mes pas, de la voix des gens qui m'entourent, chaque regard, chaque mou, chaque sourire.

Je fais ce trajet deux fois par jour et je me rends compte que je n'ai jamais pris le temps de vraiment regarder ce qu'il recèle.

 

Je m'étonne à m'émerveiller de détail, de volontairement amplifié le processus, de ressentir une douce joie à chaque chose que j'observe, non pas que cela ne m'arrive jamais, mais pas assui simplement et avec une telle intensité.

 

Je regarde le ciel, bleu démunis de tout nuage, la pression dans l'air et le froid sec doit aider. J'ai presque quelques larmes de joie qui monte en le regardant, alors je ferme les yeux.

Et quand je les ré-ouvre :

 

Tout devient comme plus lumineux, plus beau, comme un aveugle à qui on a rendus la vue. Tout ce qui m'entoure change d'une pensée, les murs se couvrent de verdure et de fleurs au fur et à mesure que mon regard passe, les routes deviennent de l'eau et les voitures des aéroglisseurs.

Tout ce qui m'entoure visuellement parlant ne devient qu'un ensemble d'hallucination que je manipule à ma guise.

 

Les autres sens ne tardent pas à suivre, le bruit de l'eau et des éclaboussures dues au voitures, la sensation de légèreté, la température ambiante, le poids de mon propre corps qui ne pèse plus d''un seul newton sur mes pieds, mes os, mes articulations....

 

C'est incroyable, je ne touche pas terre. Pas une seule envie ou pensée me traverses à ce moment pour savoir ce qu'il m'arrive, pour comprendre, je vis l'instant et je joue comme un enfant avec ma perception, pleinement conscient de l'étrangeté de la situation, mais l'envie du jeu et l'émotion l'emporte sur la curiosité du phénomène.

 

Évidemment ça ne s'arrête pas là :  mes sens commence à pendre une ampleur inédite, comme si ils s'ouvraient tous.

 

Je suis un sourd qui retrouve l'ouïe, j'entends jusqu'au défaut mécanique d'une voiture qui passe, comme une tigette se baladant dans le moteur, le bruit d'une porte à balai en verre d'un magasin (en l’occurrence un macdo que je ne vois pas encore) se fermant, une petite fille et son incompréhensible débit de parole suivant un caprice, le bruit d'une roue de vélo, le gazouillis des oiseaux.

 

J'entends un nombre incalculable de chose à la fois, comme si chaque son est clair et distinct des autres, une mélodie dont chaque notes est décomposées alors qu'elles se superposent toutes. 

 

C'est juste....... incroyable.

 

Après c'est le tour de mon odorat, avec le goudron, le macdo, le chien mouillé, les végétaux en décomposition avec la récente pluie, l'odeur des aiguilles de pins.

 

Au fur et à mesure que je me rapproche de ma fac, mes sens commencent à tous s'associer :  odorat, vue, ouïe, et autres, tous forment un concert synesthésique fabuleux.

 

Un vélo à plus d'une centaine de mètres conduit par une personne âgée me transforme en grand-mère en un regard, empestant le parfum bon marché et les antiquités, sur un vélo mal huilé couinant à chaque coup de pédale, si difficile avec un tel corps qui semble porter le poids des âges.

 

Puis c'est au tour de cette jeune trentenaire attendant au feu rouge, la chaleur de son habitacle de voiture est suffocante, ses habits me serre horriblement et l'écharpe est à la limite du début de strangulation, je n'ai pas le temps de sentir la totalité des sensations que procurent ses seins comprimé par un tissus léger et doux que je devient un passant longeant le long de la poste.

 

Un regard et tout mes sens me hurlent que je suis cette personne, alors que mon corps avance comme un automate que j'ai presque oublié.

 

 

Je pense petit à petit stopper l'effet pour me concentrer sur le TP de chimie organique à venir mais malgré l'arrêt de changement de corps, je plane encore à dix milles lieus.

 

Chaque personne qui m'interpelle et me salue ne semble qu'être le mirroir de moi-même. Jamais je n'aurai pensé qu'il était si dur de vivre en étant telle ou telle personne.

C'est un comme un fardeau, un carcan si dur à ouvrir que je pourrais y rester coincé toute une vie.

 

Jamais je n'ai autant plains ses personnes, jamais n'ai été aussi heureux et ne me suis sentis aussi chanceux d'être moi-même qu'aujourd'hui, pour un bon pote de tout les jours comme pour une amie avec qui j'ai un différend.

 

Qu'est-ce que c'est dur d'être eux.

 

Je suis resté comme ça pendant 20 bonnes minutes encore, il m'a fallut tout une aprem pour réaliser ce qui c'était passé.

 

Bordel mais c'était quoi ça ? Et comment on le réactive ? Certains d'entre vous ont-ils déjà vécues ça ou quelque chose de similaire ?

 

 

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J'ai trouvé ça magnifique. Et enfin si proche de ce que je vis presque tous les jours depuis ma plus tendre enfance que j'ai ressenti un grand bonheur à savoir que je n'étais pas la seule. Peut-être pas de manière aussi puissante que toi à cet instant, mais j'ai toujours cherché à décrire ma réalité aux autres sans trouver d'écho. Les gestes ont un touché pour moi, parfois un son. Les sons ont un touché. Pour les autres sens, parfois, ils se manifestent puissamment et se lient, et je cherche à augmenter ce ressenti.

Peut-être as-tu fait une sortie de corps, il est possible apparemment de se transférer dans d'autres personnes à ce moment là. Pour ma part, j'ai fait plusieurs sorties de corps et ai visité des lieux mais sans me retrouver dans le corps de quelqu'un d'autre. C'est pourtant une de mes obsessions, me retrouver dans la tête de ceux que je voudrais comprendre. Je me demande souvent, depuis petite: "mais comment ça fait d'être lui/elle ?" Et j'y pense si fort que parfois j'ai la brève sensation d'y être.

Il m'est arrivé, souvent, d'être "quelque chose" d'autre, comme juste un esprit, ou bien un oiseau, un animal qui passe par là, une feuille, un objet. C'est très furtif, éphémère. Avec l'hypnose je souhaite augmenter ces phénomènes. On dirait dans ton texte que tu décris un rêve lucide. Si tu n'en as jamais fait eh bien c'est à peu près ça ( même si je n'étais pas à ta place à ce moment, mais on dirait bien ça ! )

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Ravis que tu ai aimé.

 

Rêve lucide, je ne pense pas, j'étais pleinement conscient de ce qui se passait, je préférais juste vivre ce qui se passait plutôt que d'y réfléchir. Sortie de corps je n'ai pas encore assez fouiné et expérimenté pour me faire un avis mais je ne pense pas non plus, l'impression que mes sens deviennent petit à petit ceux d'autrui est très éphémère ou facile à dissiper, un bruit ou du mouvement dans mon champ visuel suffit à briser la conversion.

 

Et puis cette conversion des sens à ceux d'une autre personne est vraiment le summum de cet état, enfin de ce que j'en ai vécu.

 

En fait j'ai réussi à le reproduire volontairement, c'est tout bête. Mais ça demande pas mal d'effort pour allonger la durée des hallucinations ou de cette conversion sensorielle, juste détourner le regard parfois brise la totalité des hallucinations en place.

Tout se créer, reviens à la normale et se recréer. Une seule pensée peut me faire changer la totalité de la perception que j'ai de l'environnement, mais une autre suffit à tout remettre à normal, c'est vraiment pas évident de rendre tout ça prolonger et naturel, au point de plus avoir besoin du moindre travail pour garder pendant plus d'une minute avec aisance.

J'avais l'impression d'avoir l'avant du cerveau en ébullition d'ailleurs.

 

J'ai un peu l'impression de vivre une transe, surtout pendant un quantum jump, mais en sens inverse.

En transe classique c'est comme si je replis mon esprit à même mon corps, que je le contient dans ma tête et que je me ballade dedans. Finalement, j'ai les yeux fermés et tout est de l'ordre de l'imagerie mentale, même si je m'imagine dans un environnement quel qu’il soit.

 

Alors que là, c'est comme si mon esprit, mon imagination, s'étendait autour de moi. Ce que j'imagine n'est plus coincé à ma tête, ça prend la place de ce qui m'entoure, de tout ce que je peux voir, entendre, tout ce que je peux sentir finalement.

 

D'ailleurs c'est incroyable de voir comment je provoque le sourire ou l’accueil chez les passants, les apaise quand ils sont énervés, alors que parfois si j'arbore un grand sourire c'est devant eux c'est parce que je vois des vêtements de la renaissance à la place de leur habits, ou nus à la place d'une burka par exemple.

On m'a toujours dis que je suis d'un naturel accueillant et souriant, mais jamais au point d'influencer l'état émotionnel des gens juste à mon passage.

 

Par contre si tu vis ça tout les jours Iode, wwwouuaaaahhh !

J'ai la sensation, même quand l'ampleur est clairement réduite, d'être complètement perché quand ça arrive, et quand s'estompe c'est puissance dix mais dans le mauvais sens du terme, comme un retour après avoir été bien bourré, pendant le décuvage. Il semblerait que plus je vais loin et que j'y reste longtemps, plus l'effet est fort ; ceci dit ça fait maintenant 3 fois que cela m'arrive, et avec l'habitude le retour semble plus facile, alors peut-être n'as tu pas ce problème, mais si oui, je te plains.

 

Mais c'est une vraie drogue par contre, un pote d'un naturel planeur m'a aussi dis vivre ça de temps en temps, je ne sais pas comment il fait pour vivre sans vouloir le contrôler. C'est comme si quelqu'un venait te voir, te met une injection d'un truc expérimental bien perchant, et repart. C'est mieux d'avoir la main sur la seringue.

Tu est peut-être juste synesthète, comme le dit pote (il est inscrit sur le forum bien qu'inactif, Mind Walker de pseudo il me semble)

Le plus simple est qu'on en parle par mp ou sur le TS histoire de ne pas spammer le topic.

 

Enfin c'est juste dingue.

Si il y en a que ça intéresse, n'hésitez pas à me contactez, au pire je mettrai la méthode que j'utilise sur ce post

 

 

 

 

 

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En fait c'est tout bête, tellement simple que je ne sais si je vais être clair ou d'une quelconque aide, mais qu'importe allons-y :

 

Je me concentre sur tout ce qui m'entoure, sur chaque détail, sens par sens (c'est un peu comme une spirale sensorielle avec le décor pour ceux qui connaissent), j'essaie d'y trouver ce qu'ils ont d'étrange, de beau, de curieux, de plus qu'ordinaire.

En faisant ça, petit à petit je sens que je change d'état, je ne suis pas vraiment comme d'habitude, c'est léger mais la différence y est ; à partir de là j'essaie d'halluciner, de remplacer un élément du décor par autre chose, de le voir réellement

Et je continue avec plein d'objet qui m'entoure jusqu'à que cela s'amplifie, au début c'est très éphémère, une seconde pas plus, et puis l'hallucination a du mal à coexister avec la vue réelle, mais au fur et à mesure ça devient plus facile et plus long, la vision réelle finit par être complètement remplace par l'hallu.

 

Généralement je commence par la vue et puis ce sont les autres sens qui suivent tout seuls.

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