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Hugin

L'histoire condensée de l'improvisation théâtrale

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Comme il y a eu un début de discussion sur la question dans un autre sujet, je remets ici une partie d'un texte que j'avais écrit sur un blog il y a quelques années de cela. Cela retrace de façon expéditive l'improvisation théâtrale au travers de l'histoire.

 

"Robert Gravel n’a pas inventé l’impro.
Keith Johnston non plus.

Viola Spolin pas plus.

Si vous me dites Stanislavski, je vous répliquerai qu’il y a sûrement quelque chose de vrai. Mais c’est un point de vue contemporain. Sans vouloir retracer une histoire du Théâtre (ce que je serais bien incapable de faire), il est probable que l’improvisation soit née avec la notion de spectacle, alors qu’il s’agissait encore éventuellement de rites religieux. On trouve trace de l’improvisation dans certaines comédies romaines, les atellanes qui reposaient toutefois sur un canevas et des personnages marqués et déterminés (ce qui évoque déjà la Commedia del Arte).

L’improvisation continue d’accompagner l’histoire du théâtre populaire au moyen-âge. La connaissance de l’écrit étant limité, les livres étant rares (et souvent l’apanage des religieux) peu de comédiens populaires avaient accès à des textes écrits. Il y avait bien sûr des textes de chanson, mais chez les troubadours l’improvisation aussi était reine.
Alors que le théâtre « écrit » s’impose comme un genre noble en France et en Europe, la Commedia del Arte connaît une popularité croissante. On y retrouve des éléments techniques et thématiques des atellanes.

C’est probablement le travail de Constantin Stanislavski qui, au début du XXème siècle, a fait quitter l’improvisation du registre « populaire » des artistes de rue, pour le faire entrer par la grande porte du théâtre. Encore que… Si elle est au centre de la méthode de travail du théoricien russe, et qu’il a même envisagé de créer des pièces sur la base d’improvisation entre comédiens (impros qui auraient été ensuite formalisées et réécrites par un dramaturge), il n’a jamais envisagé de représentation d’improvisations.
Nombreux sont les praticiens et théoriciens qui se sont emparés de son travail pour se l’approprier, le modifier, le renier… Que ce soit sous son influence, ou non, l’improvisation a marqué de son empreinte de nombreuses approches théâtrales du XXème siècle : Théâtre de l’opprimé d’Augusto Boal, Théâtre de la Pauvreté de Grotowski, le travail de Tadeusz Kantor, ou celui d’Ariane Mnouchkine et du Théâtre du Soleil, pour ne citer que quelques exemples parmi les plus populaires.

Au milieu de ces courants très politiques, certains ont développé une improvisation qui relève davantage du divertissement. Les milieux de la comédie nord-américaine (le Second City de Chicago notamment) en sont parfois les héritiers. Le match d’improvisation, celui du Québécois Robert Gravel, était par contre, au départ, une expérience artistique d’une poignée d’activistes théâtraux québécois. Mais son évolution l’a rapproché peu à peu du divertissement et occulté ses aspects expérimentaux initiaux. Je précise que le mot « divertissement » n’a ici rien de péjoratif.

Le match d’impro a popularisé une forme d’improvisation spectacle dans toute la francophonie et a généré un grand nombre de variations du spectacle (cabaret, catch impro et autres spectacles qui portent encore l’empreinte du match)."

 

 

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Super, merci !

 

Pour le domaine que je connais, on parle de "Jazz-Magic" quand on aborde un groupe sans avoir une structure d'effets qui s’enchainent, mais que l'ont travaille à garder une ambiance magique. un impro technique sur une mise en scène personnelle.

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