0
angélique

Peut-on démystifier l’hypnose ?

Recommended Posts

il y a 19 minutes, Jpp a dit :

Exemple de ce que dit Bandler dans Transe Formation (c'est sa perception mais je la respecte):

"L'une des premières découvertes qu'ont faite les hypnotiseurs de l'ancienne école, c'est que les mots sont perçus de manière tout à fait littérale, particulièrement en état de transe. Toutes les expressions idiomatiques sont comprises dans les deux sens. Par exemple, « casser sa pipe » en langage courant veut dire « mourir » et a aussi un sens « mot mot ». Si l'on dit souvent : « Mes enfants me cassent les pieds », je peux garantir que l'on aura des problèmes aux pieds. Les gens qui ont fréquemment des douleurs dans le dos parlent souvent de supporter poids du monde sur leurs épaules."

 

Ces affirmations sont vachement coûteuse quand même. J'ai beaucoup de mal à y croire. D'ailleurs je n'y crois pas du tout en fait. Ce n'est ni logique ni du domaine du vécu. 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Ok, je n'ai pas de souvenir de l'avoir vécu non plus.....consciemment ;)

 

Mais ce n'est pas la premiere fois que des gens se conditionnent, sefont de suggestions à longueur de journée avec des "j'ai pas de chance dans la vie", "je prends sur moi", "ca me fait c...", 

 

Et pourtant, en hypnothérapie, l'inconscient a l'air vachement balaise, et pourrait, à partir de métaphores, changer un comportement gênant ou optimiser des ressources à partir de mots à sens global, ça n'a pas l'air très cohérent avec sa façon littérale d'appréhender les choses.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
il y a 8 minutes, Jpp a dit :

Mais ce n'est pas la premiere fois que des gens se conditionnent, sefont de suggestions à longueur de journée avec des "j'ai pas de chance dans la vie", "je prends sur moi", "ca me fait c...", 

 

Alors d'une ce n'est pas parce que tu te répètes 100 fois j'ai de la chance (ou l'inverse) que tu auras plus ou moins de chance. Ta journée sera peut-être vu sous ce prisme mais ce ne sera que subjectif. 

Et de deux, tout n'est pas suggestion ! "J'ai pas de chance dans la vie" c'est pas une suggestion, c'est une affirmation basé sur un ressenti subjectif. Ça n'a même rien à voir. 

 

il y a 11 minutes, Jpp a dit :

Et pourtant, en hypnothérapie, l'inconscient a l'air vachement balaise, et pourrait, à partir de métaphores, changer un comportement gênant ou optimiser des ressources à partir de mots à sens global, ça n'a pas l'air très cohérent avec sa façon littérale d'appréhender les choses.

 

Il y a en effet un paradoxe. On discute avec son inconscient de manière métaphorique mais il appréhenderait tout de manière littérale. 

Peut-être tout simplement que le postulat est faux. L'inconscient ne prend pas tout au littéral et n'a pas toujours besoin de métaphore pour comprendre ce qui se passe.

Je peux même aller plus loin. l'inconscient n'a pas de réalité propre et n'est qu'une construction. Du coup ses "propriétés" sont celles que l'on "veut". Du coup, il pourrait parfaitement comprendre aussi bien les allégories que le littéral. Et que c'est uniquement la culture, le pré-talk et divers paramètres qui entraveraient les "capacités" du conscient et de l'inconscient. 

"Quand tu ne sais pas qu'une chose est impossible, tu arrives à le faire."

Et sa corollaire

"Comment pourrais-tu faire quelque chose si on ne t'explique pas que c'est possible ?"

Du coup l'inconscient devient vachement balaise car l'hypnotiseur t'autorise à croire que c'est possible de faire ça. 

 

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Je me suis aperçu qu'il y avait tout un pan de l'hypnothérapie dite "classique" ou "directe", qui ne ressent pas le besoin de définir ou de nommer l'inconscient. On met la personne en état d'hypnose et on lui fait des suggestions en lui parlant normalement (le rythme et le ton de la voix peuvent être altérés, mais la construction argumentative est tout à fait ordinaire).

 

Le problème de supposer que l'inconscient réagit de telle ou telle manière c'est qu'il nous est déjà difficile de le définir de façon consensuelle. Tous les hypnothérapeuthes ne s'entendent pas nécessairement sur la question, et je ne parle même pas des autres psychothérapeutes... 

C'est encore pire avec les neurosciences et la psychologie cognitive pour qui ces concepts sont très vagues et difficiles (voire impossibles)  à vérifier expérimentalement.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

En neuroscience, une conférence sympathique (en français por favor) avec une personne connu dans le milieu ( Stanislas Dehaene ).
https://www.youtube.com/watch?v=mSqX_dwLA40

(vers 09:30 je crois)

Il y a même dans cette conférence une visualisation d'une rupture de pattern sous IRMf !

 

Disons que mal utilisé (compris), on peut suggérer que le conscient n'a aucun rôle positif ( en général, négatif. Le conscient gênerait... ) et que c'est l'inconscient qui fait tout.
En supposant l'inverse, en se focalisant sur le conscient, il y a de très bon résultat !
Dès fois j'ai l'impression qu'on oublie qu'on ne parle pas avec le conscient ou l’inconscient mais avec la personne qu'on hypnotise...

 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Le 23/09/2016 à 12:03, Heyrin a dit :

Il y a en effet un paradoxe. On discute avec son inconscient de manière métaphorique mais il appréhenderait tout de manière littérale. 

Peut-être tout simplement que le postulat est faux. L'inconscient ne prend pas tout au littéral.

 

 

 

Il y a quand même des études sourcées (Janet et Erickson entre autre) démontrant le littéralisme de l'inconscient. Des chapitres entiers y sont consacrés avec des exemples concrets. Cela ne sort pas de nul part non plus.

Une personne en hypnose somnambulique fera généralement preuve d'un littéralisme avéré. Mais le littéralisme ne veut pas forcément dire "réflexion logique type réflexion mentale". Cela veut juste dire que chaque mot est compris dans son sens propre, sans la capacité à percevoir des seconds degrés ou des sens implicites. Cela n'enlève rien à la capacité de l'inconscient à travailler avec de la symbolique (images / émotions / sensations etc) qui représente une autre forme de langage dénuée de mots.

 

Je te rejoins un petit peu lorsque tu dis que l'inconscient est avant tout une construction et que l'hypnotiseur peut en définir grosso merdo ses propriétés. Néanmoins, il y a un socle qui lui ne dépend ni des suggestions ni du cadre, et qui représente justement une approche généralisable de l'inconscient. On retrouve notamment l'électivité, l'amnésie post-hypnotique, la distorsion du temps, et bien d'autres phénomènes encore inhérents à l'hypnose somnambulique, et donc à l'expression de l'inconscient.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Il y a 10 heures, Jean-Emmanuel a dit :

Il y a quand même des études sourcées (Janet et Erickson entre autre) démontrant le littéralisme de l'inconscient.

Je manque carrément de lecture à ce sujet, je l'avoue bien volontiers. Et je tombe sans doute sur le biais de croyance* en pensant que le conscient comme l'inconscient sont des généralisations rationalisées de processus mentaux beaucoup plus spécifiques, nombreux et interconnectés. C'est à dire que l'inconscient (et donc ses propriétés propres) n'existe pas, c'est une construction mentale basé sur des processus mentaux qu'on a catégorisé comme inconscient. Du coup, il y aurait un fondement des processus propres à ce qu'on rationalise "inconscient" et des processus qu'on y intégrerait par simplification à outrance alors qu'ils n'y sont pas fondamentaux voire carrément mal placé. 

Je base se raisonnement sur le fait qu'il est évident que la plupart des processus périphériques que l'on donne au conscient et à l'inconscient à tendance à changer en fonction de la culture de la personne interrogée. Mon étude est bien loin de la rigueur scientifique ni même Zététique. 

 

Après, pour parler un peu linguistique, le langage littéral propre me semble être une chimère lorsque l'on parle de communication. Aucune IA (actuelle) n'est capable de faire une recette de cuisine telle qu'elles sont écrites actuellement. Par contre, je ne connais personne qui casserait des oeufs sans les mettre dans le saladier (avec ou sans coquille là tout dépend du niveau de cuisine XD)

Du coup, peut-être faudrait-il faire faire une recette de cuisine à un somnambulique pour vérifier son littéralisme ^^

 

* Biais de croyance : Le biais de croyance se produit quand le jugement sur la logique d'un argument est biaisé par la croyance en la vérité ou la fausseté de la conclusion.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

D'un point de vue strictement neurologique l'existence de l'inconscient, tel que pensé par Freud, Erickson ou autres, est sujet à discussion. Certains réfutent toutes preuves de son existence (sans nécessairement se prononcer sur son existence elle-même d'ailleurs), d'autres soutiennent que certaines expériences avec des IRMf confirment l'existence d'un tel inconscient. Hélas je n'ai clairement pas (encore) les compétences techniques pour me prononcer sur un débat de neuropsychologie d'un tel niveau.

 

En attendant, je considère tout cela comme des modèles théoriques, à la limite entre la philosophie et la psychologie. Ceux qui défendent ses modèles ont déjà théorisé, expérimenté empiriquement, des aspects de cet inconscient. Son existence reste néanmoins un sujet de débat. En attendant, il nous reste toujours notre propre expérience empirique pour nous faire une idée sur ces questions.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Ce qu'on utilise comme modèle conscient/inconscient ne correspond pas au modèle en neuroscience.
En même temps c'est pas nouveau en hypnose d'utiliser un modèle rendu faux par la science !
PNL, hypnose quantique, etc...

Cela n’empêche pas ses modèles d'obtenir de bons résultats !

Ce sont des modèles pratique mais pas théorique (puisque infirmé)

P.S on peut définir un modèle d'hypnose sans avoir besoin de définir le conscient et l'inconscient :D

 

Pour Janet et Erickson, je ne suis pas tombé sur un seul papier de recherche les concernant pour le moment...
Mais des études viennent mitiger la conclusion.
Raz, A., Kirsch, I., Pollard, J., Nitkin-Kaner, Y. (2006). Suggestion reduces the Stroop effect. Psychologcal Science, 17(2), 91-95.

L'effet Stroop est une manière élégante de tester le littéralisme de l'inconscient.
une thèse en français sur l'effet Stroop (cnrs) : http://www.risc.cnrs.fr/mem_theses_pdf/1999_LEMERCIER.pdf

et un petit exemple sur wikipedia.


Si l'expression de l'inconscient  est complètement littéraire, cela entrainerait moins d'interférence qu'avec une personne témoin.
Et bien la conclusion de l'étude ...
Il y a une nette amélioration pour tous les groupes d'études indépendamment d'une phase hypnotique ou non.

 

Pas de conclusion générale juste avec une étude (seule elle ne démontre pas grand chose)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

En y repensant, j'ai mis le doigt sur quelque chose d'assez paradoxal sur ces conceptions. L'inconscient aurait une tendance à prendre les choses au sens littéral, mais quand lui-même communique, au travers des rêves ou des actes manquées, il peut le faire de façon très détournée et extrêmement symbolique. Certes il le fait pour contourner la censure du conscient/surmoi/autre, mais il a néanmoins cette capacité. Dans la mesure où il peut utiliser des outils comme le déplacement ou la condensation (pour ce qui est du rêve), je serai étonné qu'il ait tant de difficulté à comprendre la symbolique.

 

Il faudrait que je me replonge dans Freud pour démêler tout ça. Je suis assez sûr qu'il doit avoir une explication assez structurée sur la question... Mais je n'ai pas vraiment envie de lire du Freud en ce moment. :)

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Le 30/09/2016 à 15:21, Hugin a dit :

En y repensant, j'ai mis le doigt sur quelque chose d'assez paradoxal sur ces conceptions. L'inconscient aurait une tendance à prendre les choses au sens littéral, mais quand lui-même communique, au travers des rêves ou des actes manquées, il peut le faire de façon très détournée et extrêmement symbolique. Certes il le fait pour contourner la censure du conscient/surmoi/autre, mais il a néanmoins cette capacité. Dans la mesure où il peut utiliser des outils comme le déplacement ou la condensation (pour ce qui est du rêve), je serai étonné qu'il ait tant de difficulté à comprendre la symbolique.

 

Il faudrait que je me replonge dans Freud pour démêler tout ça. Je suis assez sûr qu'il doit avoir une explication assez structurée sur la question... Mais je n'ai pas vraiment envie de lire du Freud en ce moment. :)

 

Le truc c'est que la vision de l'inconscient de Freud et la vision de l'inconscient de Janet, je m'avance sûrement un petit peu mais je pense que ça a pas grand chose à voir.

Et je pense pas non plus que Freud ait théorisé sur le "littéralisme" de sa vision de l'inconscient, pour le coup, du coup la contradiction n'existe alors pas vraiment

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Certes pour ce qui est des théoriciens (encore que Freud a été influencé par les travaux Janet), mais il me semble qu'aujourd'hui peu de "thérapeutes alternatifs" réfutent la symbolique des rêves, et encore moins chez ceux qui affirment le littéralisme de l'inconscient. Il est toujours possible de voir ce paradoxe comme la conséquence de la somme d'influence très diverses et pas toujours réfléchies dans le corpus thérapeutique actuel.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Le 28/09/2016 à 22:52, Jean-Emmanuel a dit :

 

Une personne en hypnose somnambulique fera généralement preuve d'un littéralisme avéré. Mais le littéralisme ne veut pas forcément dire "réflexion logique type réflexion mentale". Cela veut juste dire que chaque mot est compris dans son sens propre, sans la capacité à percevoir des seconds degrés ou des sens implicites. Cela n'enlève rien à la capacité de l'inconscient à travailler avec de la symbolique (images / émotions / sensations etc) qui représente une autre forme de langage dénuée de mots.

 

 

 

@Jean-Emmanuel

 

Ai-je bien interprété tes propos ?

 

Si l'hypnotiseur donne la suggestion à un somnambule de casser les pieds à son voisin. Il comprendrait "littéralement" de vraiment casser les pieds de son voisin et aurait des images de pieds cassés et des émotions et des sensations en fonctions de cette image et donc il ne lui viendrait pas à l'idée de lui casser les pieds dans le sens où cette expression est généralement utilisée.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
0